Après des versions gravel et route du Dimanche, Moustache a décidé d’utiliser sa base pour produire un modèle dédié à la ville et nommé délicatement Urban. Mais toujours dans l’univers urbain, Moustache a fait évoluer son Mardi 27. Il existe en deux versions, dont une au cadre tout suspendu (FS), évolution de celui du J qui avait été une petite révolution dans l’univers du cycle en matière de confort.

Le résultat est un duel entre deux « commuters », avec 10 kilos d’écart sur le papier et toute une philosophie du cycle qui s’entrechoque une fois sur l’asphalte.
Avec d’autres journalistes amateurs de pédalage, nous avons arpenté les routes (et les superbes infrastructures cyclables) de l’autre pays du fromage. Un total de 54 km répartis sur deux jours ensoleillés dans un pays où chaque rayon de lumière est un petit miracle.

David contre Goldorak, parce que les mythes se révisent
Le Dimanche 28 Urban est un dérivé de vélo de route/gravel habillé pour la ville. Cadre haut (ou semi ouvert en version Open), guidon droit (flatbar) à la hauteur inférieure à celle de la selle. Au niveau du pédalier, un moteur affichant « Bosch » dont l’appellation SX désigne le poids plume du fabricant allemand.

Les 20,2 kg sur la balance sont un paradoxe : énormes pour les habitués du musculaire lisant la fiche technique, peu pour quiconque fera quelques tours de roue avec. À ceci s’ajoute un porte-bagages à la norme QL3, une batterie de 400 Wh et une selle à tige suspendue. Le freinage hydraulique et les garde-boues sont également de la partie.

D’ailleurs, ce n’est pas la seule chose suspendue. À l’avant trône une fourche offrant 40 mm de débattement. Pourquoi pas une fourche fixe pour gratter quelques grammes ? « Car le gravel propose déjà ça. Nous voulions laisser le choix, sachant qu’un usage vélotaf nécessite un minimum de confort » explique Clément Bonneau, à l’origine des développements des différents modèles.

Le Mardi 27.4, dans sa version FS, est le total opposé.
Outre le moteur Bosch Performance (Line, PX ou CX), il bénéficie de deux choses très Moustachues (car propres à la marque).
D’abord ce cadre ouvert en aluminium moulé via un système de fonderie. Une technique initialement française (et présente dans le Moustache J) mais revue par les spécialistes de Taïwan pour un gain d’environ 1 kg et un meilleur système de renforts pour les éléments internes.

En second, c’est l’amortisseur à air Magic Grip Control 115 à deux positions (et offrant 115 mm de débattement, CQFD). Cet ensemble fait de ce vélo le plus confortable du marché urbain.

Le plus confortable, mais également l’un des plus lourds (et pas aidé par la batterie de 600 ou 800 Wh), avec 31,6 kg dans notre version d’essai équipée d’une transmission Shimano Nexus 5.

Le Mardi 27 est disponible en 3 configurations différentes : 27.2, 27.4 ou 27.6. Les deux versions essayées étaient des 27.4. Donc équipées du moteur Bosch Performance PX Smart System de 90 Nm de couple et d’une transmission Shimano Nexus 5 (pour 5 vitesses) qui permet de passer des vitesses et de changer de braquet à l’arrêt.

David : le sas de décompression quotidien
Bon, les caractéristiques, c’est sympa, mais ça ne veut pas dire grand-chose. Et pour cause, à la vue d’un vélo sportif urbain de 20 kg, il y a de quoi être dubitatif. Car sur le papier, ça paraît beaucoup. Que nenni.
L’objectif du Dimanche 28 Urban (et contrairement à ce que son nom laisse penser) est de servir de daily en semaine. Il est pensé pour aller travailler sans suer et revenir en faisant sa séance cardio.

Souvent, les VAE sont impossibles à emmener au-delà des 25 km/h. La quantité d’énergie est trop importante. Mais là, non. J’ai ainsi pu « rusher » pour rattraper mon retard sur le groupe à une vitesse de 35 km/h, maintenue, et sans assistance, avec un peu plus d’effort que sur un musculaire de 12 kg. Je dirais 15 % d’effort en plus. Le moteur Bosch SX est totalement dénué de frottement et ça surprend, dans le très bon sens du terme.

À ceci, l’assistance se mélange de façon totalement imperceptible à votre coup de pédale. Mais ce n’est pas tout. La géométrie du vélo est une petite merveille. Le reach était idéal et il y avait très peu de perte d’énergie entre le coup de pédale et la réception par la roue arrière. Certes, ça force un tantinet sur les bras bien que le large guidon permette d’accroître le polygone de sustentation pour soulager l’effort. Mais c’est justement tout le plaisir d’une géométrie réussie.

Le choix d’une transmission Shimano CUES à la cassette 11-39 (pour un plateau en 42 dents) est un chouïa sous-calibré tant le vélo se prête à envoyer. Mais les shifters répondent au doigt et à l’œil et on se plaît à chercher le braquet idéal.
Le Bosch Performance Line SX est un régal de silence et de fluidité, à ceci près qu’il n’offre pas une puissance suffisante pour démarrer sur le mauvais braquet. Pensez donc bien à vous arrêter à la bonne vitesse.
Enfin, la selle Royal n’est pas des plus confortables, surtout en cas d’effort. Mais le côté télescopique permet de poser les deux pieds au sol à l’arrêt.

J’aurais bien des reproches à faire, comme la couleur noire tristoune pour un vélo qui irait peut-être plus vite en rouge, ou motiverait plus en jaune. Les pneus sont trop larges pour le besoin de la ville. On aimerait une version ultra légère avec du gain de poids jusque dans les roues pour se permettre de compenser en mangeant un fast-food derrière ou une transmission qui offre plus d’allonge pour viser de plus gros sprints sur le retour (c’est qu’on progresse vite et furieusement quand c’est répété quotidiennement).
Mais c’est probablement le vélo électrique le plus plaisant que j’ai eu à rouler ces dernières années. Même l’autonomie n’est pas en reste, avec 42 % consommés en 20 km.

Il y a mieux, en musculaire. Mais l’art de pas sentir la bière périmée au bureau dès le petit matin se cultive un minimum. Reste le prix de 3 799 euros, qui pique un peu. Mais ce sera évoqué en fin d’article, car parler d’argent est toujours moins vulgaire à la fin.
Goliath : au poids où on en est !
Le mardi 27 est en réalité une référence pour deux vélos distincts. D’un côté le semi-rigide (donc fourche suspendue à l’avant). Un vélo confortable avec lequel j’ai pu rouler sans mal.

De l’autre, le tout suspendu nommé « FS », car avec lui, vous n’avez plus mal au… dos. Il est basé sur le cadre du Moustache J dont la conception innovante permet d’obtenir une seule pièce sans soudure ni barre transversale. Un cadre totalement ouvert et suspendu par le bas.

Mon essai du Moustache J remonte à quelque temps déjà. J’étais agréablement surpris par le confort autant que je trouvais l’usage limité (autonomie décevante, poids colossal, moteur bruyant et pas capable de suivre vraiment la cadence). Le tout à un tarif élevé, mais justifié par l’innovation de la conception du cadre et la production française de ce dernier.
Les choses s’améliorent un peu avec le Mardi 27 FS. Moins cher, mieux motorisé et légèrement moins lourd.
Le confort est toujours aussi dingue, au point qu’on se croirait sur le pendant cyclable d’une voiture à suspensions pneumatiques. Le Nexus 5 s’en sort correctement. De toute façon, chacun son truc, mais je trouve ça plus agréable que le système à courroie Enviolo.

Le vélo est tout équipé et le porte-bagages compatible à la fois QL3 et MIK-HD permet d’y fixer sacoches, caisse et siège enfants en un clic.
Tout y est, jusqu’au guidon en forme de moustache, forcément, jusqu’à l’antivol Axa et une clé pour les contrôler tous (batterie + antivol de cadre + chaîne Axa).

Alors oui, c’est doux, c’est fluide, c’est réactif et le Mardi 27 gomme tout élément de relief. Les pneus Super Moto-X de 2,40 pouces de large en 27,5 pouces terminent le filtrage jusqu’à la moindre pierre.

Un confort total mais qui implique deux choses :
D’abord de rouler avec un vélo encore très lourd. Avec toute l’inertie qui va avec, notamment au freinage qui sollicite les Shimano MT-200. Mais c’est surtout la limite des 25 km/h qui peut devenir frustrante. Comprenez que le moindre km/h de plus se traduit par des efforts colossaux sur les pédales. Ce qui donne un côté « overkill » au vélo.
Le poids vous cantonne à pédaler en assistance maximale. De fait, le sport et la dépense d’énergie disparaissent totalement. Ce n’est pas faute d’avoir essayé. Mais pour le même effort, il est possible d’atteindre 40 km/h avec un Moustache Dimanche 28 Urban.

C’est un excellent vélo, mais qui n’ira pas plus loin que le déplacement relax. Un confort qui se paie au prix fort, puisque notre version FS est vendue 4 599 euros, soit presque 1 000 euros de moins que le Moustache J d’il y a 3 ans.
Pour le reste, tout suit : le freinage est bon (mais à ce tarif, on aurait peut-être aimé une solution un peu plus haut de gamme que les bons vieux MT-200). La géométrie supprime toute fatigue. Le moteur est réactif et plutôt silencieux.
Notez que seule la version classique (non FS) peut recevoir la batterie 800 Wh.

Bosch eBike connect : le flow a trouvé le bon rythme
L’application Flow de Bosch est à ce jour la meilleure du marché. Elle s’associe à un écran de vélo et à la possibilité d’utiliser son smartphone.

Tout y est :
- Enregistrement de plusieurs vélos
- GPS (bien que le guidage ne soit pas génial)
- Mémorisation et enregistrement des tracés
- Création de profils d’assistance
Bref, il y a plus d’infos qu’espéré. Limite trop. Enfin trop, il n’y en a jamais trop en 2026.

Évidemment, les statistiques restent après avoir déconnecté le vélo de l’application.

C’est aussi par cette application que passe le système de localisation. Le petit Bosch Connect Module est à glisser dans le vélo. Une opération qui devrait être simplifiée, car Moustache a œuvré pour ça.
Un vélo premium ?
En échangeant avec un autre essayeur, allemand, nous nous sommes demandé si ce vélo pouvait recevoir ce fameux label obscur nommé « premium ».
Pour ça, nous avons conclu qu’il devait cocher cinq cases :
- Afficher une finition exemplaire
- Délivrer une émotion particulière à l’utilisateur
- Afficher une personnalité reconnaissable
- Utiliser une technologie novatrice
- Être durable
Et c’est là que les choses se compliquent. Le Dimanche 28 Urban est dans le haut du panier dans tous les compartiments du jeu du cycle. Mais il n’atteint jamais le haut quelque part. Ce n’est pas le plus léger, pas le plus endurant, pas le plus abordable. Mais il est homogène, polyvalent et bien fini. Il est conçu pour durer. Puis caser autant de technologie dans un poids aussi réduit, sans avoir à faire appel au carbone, c’est une petite performance.

Concernant le Mardi 27 FS, il peut obtenir ce label sans discuter. Joli (ce qui n’est pas si simple pour un vélo SUV) avec son look disruptif, à la technologie unique et à la finition au-dessus du lot, il remplit toutes les conditions, surtout la durabilité tant il paraît increvable.

Le choix ?
Sur ce point, c’est l’inverse du paragraphe précédent.
Le Moustache Mardi 27 FS se distingue sur le confort, mais entre en concurrence avec tous les vélos SUV haut de gamme du genre (Diamant, Riese & Muller ou encore Orbea et son Muga). Toutefois, le français réussit à être placé légèrement sous les autres dès lors qu’on cherche un modèle tout suspendu. Seul bémol : on ne dépasse jamais 25 km/h et on finit par s’ennuyer au guidon sur les longues distances. Il y a une vraie notion de balade.

Le Moustache Dimanche 28 Urban est assez unique sur le marché. Il permet de vraiment rouler sans effort d’un côté, et de se défouler sans avoir à se trainer une enclume de l’autre. La concurrence mise sur des modèles qui, soit ne sont pas assez endurants, soit dénués d’un moteur aussi agréable que le Bosch SX, soit trop radicaux. Restent certaines propositions à cadre en carbone en promotion, mais dont les stocks, tailles et disponibilités n’en font pas de réels concurrents.
À titre personnel, je ne suis pas la cible du Mardi 27 FS à sa juste valeur. En revanche, le Dimanche 28 Urban a été un vrai plaisir et ferait un daily parfait, moyennant des roues plus légères et en retirant les garde-boues, pour le style.
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