Les férus de Ferrari ont vécu un véritable ascenseur émotionnel ces dernières heures. Ce week-end, ils ont été encouragés par la brillante et prometteuse deuxième place obtenue par Lewis Hamilton au GP du Canada — le meilleur résultat du septuple champion du monde de Formule 1 au sein de l’écurie. Mais, aujourd’hui, le réveil doit être bien douloureux à la vue des images de la Luce, la première voiture 100 % électrique de Ferrari — nos confrères de Frandroid sont montés dedans.
L’enthousiasme était pourtant de mise au regard du teasing orchestré ces derniers mois, qui doit autant au prestige de la marque qu’à la découverte de l’intérieur — digne d’un iPhone et associant habilement les interfaces physiques et virtuelles. On s’attendait à une ligne extérieure au diapason pour cette Luce, qui fait déjà l’objet de vives critiques sur les réseaux sociaux. « Je ne pensais jamais dire ça d’une Ferrari, mais c’est l’un des designs les plus hideux pour une voiture électrique », résume parfaitement Sawyer Merritt. On rigole aussi de cette comparaison entre la Ferrari Luce et la Nissan Leaf.

La Ferrari Luce coûte 550 000 €, et c’est moche
Ferrari a fait un choix étonnant en confiant la création du design à Sir Jony Ive, transfuge d’Apple. Si l’homme a signé les objets parmi les plus réussis dans le domaine de la tech, force est de reconnaître que sa proposition automobile n’est pas du tout convaincante. Ferrari est une usine à rêves qui a produit des voitures incroyablement belles et désirables, souvent en faisant appel à des maisons tout aussi prestigieuses (Pininfarina). Ici, on croirait le design imaginé par un constructeur chinois émergent. On cherche encore l’héritage Ferrari — sauf dans l’habitacle, vraiment incroyable et luxueux.

Il n’y a finalement que le logo appliqué sur les flancs à l’avant pour rappeler qu’il s’agit d’une Ferrari. On sent que tout a été pensé pour le Cx avant tout, il est vrai un record pour une Ferrari (0,254). Tout est épuré, rien n’est vraiment sportif. La Luce, qui mesure 5,02 mètres, ressemble à un galet pensé pour fendre l’air, jonché de pneus de 23 pouces à l’avant et de 24 pouces à l’arrière. L’arrière, très plongeant, est plutôt réussi. Mais, à l’avant, certains choix interrogent : le masque noir, qui remplace la calandre venant terminer un museau court, n’est pas très valorisant tandis que les essuie-glaces sont installés de chaque côté. Et que dire de ce pare-brise immense qui vient ne faire qu’un avec la carrosserie du capot. Alors oui, c’est audacieux, mais ce n’est pas joli. Surtout pour 550 000 €.

Une sacrée fiche technique pour la Ferrari Luce
Bien évidemment, Ferrari a mis le paquet pour la fiche technique de la Luce. En tant que première voiture 100 % électrique de l’entreprise italienne, elle se doit de marquer les esprits et de jouer sur les émotions, jugées absentes quand la motorisation n’est pas thermique (zéro odeur, zéro bruit). En termes de puissance, la Luce envoie : un moteur installé sur chaque roue pour 1 050 chevaux en cumulé. De quoi expédier le 0 à 100 km/h en 2,5 secondes (oui, une Tesla Model S Plaid va plus vite, pour cinq fois moins cher) et atteindre les 200 km/h en 6,8 secondes. Surtout, la Luce est équipée du torque vectoring, ce qui permet un contrôle indépendant de chaque moteur en fonction de la situation. Ce gain en motricité est complété par des roues arrière directrices et des suspensions actives.


Pour promettre un plaisir au volant digne de ce nom, Ferrari a pensé à plusieurs choses : des palettes au volant avec un couple modulé (cinq niveaux), une décélération de 0,65 g (un point positif pour la régénération) et un son qui, pour le coup, n’est pas factice. Concrètement, l’idée est de capter et d’amplifier les vibrations des moteurs pour les diffuser dans l’habitacle et vers l’extérieur. Ça change des fichiers MP3 des autres, surfacturés qui plus est.
Le tout est alimenté par une immense batterie de 122 kWh bruts, ce qui donnerait une autonomie de 530 kilomètres selon le cycle WLTP. L’architecture 800 volts permettra d’encaisser des pics de recharge à 350 kW, soit de quoi faire le 20 à 80 % en 20 minutes.
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