Le vélo à assistance électrique (VAE) traîne encore son lot d’idées reçues. Insécurité, complexité mécanique, peur du vol ou « sport de fainéant » : ces craintes sont-elles justifiées ? Nous avons mis au défi un vélo équipé des dernières inventions de Bosch eBike Systems pour les mettre à l’épreuve du réel.

Trop onéreux, trop lourd, trop facile à voler. L’achat d’un vélo à assistance électrique (VAE), même en 2026, suscite souvent l’hésitation. Pourtant, les équipements ont évolué. Nous avons testé ces préjugés sur le terrain avec un vélo équipé des dernières avancées de Bosch eBike Systems. L’équipementier allemand, présent sur plus de 100 marques, affirme régler ces problèmes par la technologie. Verdict.

La sécurité : « Si je pile, je passe par-dessus le guidon. »

C’est la hantise du débutant sur chaussée humide ou gravillonnée : le freinage d’urgence. Le réflexe est de crisper les mains sur les freins — et notamment le frein avant, sans savoir bien doser son freinage. Or, un freinage trop puissant à l’avant bloque la roue et entraîne la chute (le fameux soleil que tout le monde craint). Beaucoup de cyclistes n’osent donc utiliser que le frein arrière, ce qui allonge dangereusement la distance d’arrêt.

C’est pour eux, et pour les utilisateurs plus avancés qui auraient un moment d’égarement, que Bosch a adapté l’ABS moto aux vélos. Le système utilise des capteurs pour analyser la vitesse des roues. Si la roue avant menace de se bloquer, l’ABS relâche la pression hydraulique par intermittence, en une fraction de seconde. Lors de nos tests, même en écrasant le frein avant sur sol glissant, la roue ne bloque pas et le vélo reste stable. C’est une sécurité invisible qui corrige les erreurs de pilotage.

Propulsé par Bosch eBikes System // Source : Alfred Tertrais pour Numerama
Propulsé par Bosch eBike Systems // Source : Alfred Tertrais pour Numerama

La maniabilité : « C’est un tank impossible à gérer en côte. »

Avec un poids dépassant souvent les 25 kg, un VAE intimide, surtout lors d’un arrêt en pente raide. La peur de reculer ou de mal gérer les vitesses complique la manœuvre.

Le moteur ne sert pas qu’à rouler à bonne allure. L’aide au démarrage en côte (Hill Hold) bloque automatiquement le vélo quelques secondes si vous vous arrêtez en pente, le temps de vous repositionner. Au redémarrage, le moteur s’active à basse vitesse pour lancer le vélo sans forcer. De même, la fonction « Assistance à la marche » fait avancer le vélo seul à l’allure du piéton si vous devez marcher à côté. Le poids ne se fait plus sentir.

La complexité : « C’est un tableau de bord d’avion de chasse. »

Le mode auto
Le mode auto // Source : Alfred Tertrais pour Numerama

Modes d’assistance à gauche, vitesses mécaniques à droite, surveillance de la route : la charge mentale est réelle pour le néophyte. Sans parler des craquements de chaîne quand on change de vitesse en pleine montée.

Encore une fois, il existe des solutions ! Il est possible d’automatiser la conduite via deux fonctions :

  • Le mode Auto : Le vélo ajuste la puissance du moteur seul selon votre effort et le terrain (vent, dénivelé). Inutile de jongler entre les modes « Eco » ou « Turbo ».
  • L’eShift : C’est une transmission électronique intégrée. Vous définissez une cadence de pédalage cible et le vélo change les vitesses pour vous, comme une boîte auto. En mode manuel, le système communique avec le moteur pour réduire brièvement le couple lors du passage de vitesse, ce qui préserve la chaîne.
L'eShift pour gérer les vitesses automatiquement
L’eShift pour gérer les vitesses automatiquement // Source : Alfred Tertrais pour Numerama

Le vol : « Investir deux SMIC pour se le faire voler en 2 minutes. »

En France, c’est le frein numéro un à l’achat. La valeur des VAE en fait des cibles parfaites pour les voleurs.

Évidemment, le risque zéro n’existe pas et Bosch eBike Systems ne prétend pas le contraire, mais on peut multiplier les obstacles. Au-delà des antivols physiques, la protection numérique dissuade en trois étapes :

  1. eBike Lock : Votre smartphone ou votre écran (Kiox) sert de clé. Si vous l’enlevez, l’assistance moteur se coupe. Le voleur se retrouve avec un vélo lourd, inerte et invendable.
  2. eBike Alarm : En cas de mouvement suspect, le vélo émet des signaux sonores. Si le vol est confirmé, une alarme sonne et vous recevez une notification pour le suivre par GPS.
  3. Battery Lock : La batterie est appairée numériquement au vélo — voire le vélo tout entier, comme l’a annoncé Bosch au CES 2026. Elle est inutilisable sur un autre cadre.
Double sécurité // Source : Alfred Tertrais pour Numerama
Double sécurité // Source : Alfred Tertrais pour Numerama

L’angoisse de la panne : « Je vais tomber en rade au milieu de nulle part. »

La peur de la « panne sèche » date des premières batteries à l’autonomie aléatoire. Ce n’est vraiment plus un sujet depuis quelques années.

Et si vous doutez de votre capacité d’anticipation, l’application eBike Flow estime l’autonomie restante à l’arrivée en prenant en compte la topographie du trajet planifié. Le système peut même brider légèrement l’assistance pour garantir l’arrivée à destination. Avec les batteries actuelles de 600 à 800 Wh, il faut rouler longtemps pour épuiser une charge. Pour les très longs trajets, des prolongateurs d’autonomie (Range Extender) comme le PowerMore 250 ajoutent des kilomètres.

Le sport et le prix : « C’est de la triche et c’est cher. »

Les calories brûlées sont bien réelles
Les calories brûlées sont bien réelles // Source : Alfred Tertrais pour Numerama

On entend souvent que le VAE n’est pas du sport et que le prix est prohibitif.

Alors non, ce n’est pas du sport au sens où vous n’aurez pas les sensations du Tour de France en VAE. Mais le moteur ne s’active que si l’on pédale ! Les possesseurs de VAE roulent généralement plus souvent et plus loin, et la dépense calorique est réelle et modulable selon le mode choisi — nous l’avons testée avec de nombreuses apps, celle de Bosch incluse. C’est une activité physique, contrairement à la voiture. Côté finances, si l’achat est élevé, le coût au kilomètre (recharge, entretien) est faible comparé à une voiture. Le carnet d’entretien numérique assure aussi la traçabilité du vélo, ce qui aide à la revente.

Le VAE est devenu un véhicule mature. Le stationnement et le prix restent des sujets, mais la technologie règle les problèmes de sécurité et d’usage. Le mieux reste d’essayer pour se faire son propre avis : le seul risque, c’est que vous l’adoptiez !

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