L’Ethereum va subir dans les mois qui viennent un changement qui doit révolutionner le monde des cryptomonnaies : le passage d’un système de proof of work à un système de proof of stake. Un premier test public de cette nouvelle blockchain vient d’être mis en place.

« Après quatre phases de test éphémères, Kintsugi, un réseau de test plus permanent, est maintenant en place ! ». C’est avec cette phrase que Tim Beiko, l’un des core développeurs de l’Ethereum, a annoncé sur le blog de la cryptomonnaie le lancement de Kintsugi. Le réseau est désormais accessible à toutes les personnes souhaitant l’essayer. Les testeurs peuvent effectuer leurs transactions dessus et l’utiliser comme ils le feraient pour le réseau principal de l’Ethereum. Sur Twitter, Tim Beiko a même blagué, écrivant que « Noël était arrivé en avance ».

Il ne s’agit cependant pas de n’importe quelle phase de test. Kintsugi est un changement très important pour la cryptomonnaie, car il prépare l’arrivée de l’Ethereum 2.0 et de La Convergence (« The Merge », en anglais), une véritable révolution pour la blockchain. Et c’est pourquoi son lancement est particulièrement scruté.

Kintsugi, qu’est-ce que c’est exactement ?

Kintsugi est un réseau de test, qui fonctionne en parallèle de la blockchain principale de l’Ethereum, et qui en reproduit les principales caractéristiques. Le nouveau réseau apporte cependant de très nombreux changements, qui doivent être introduits dans quelques mois sur la blockchain. Concrètement, Kintsugi est donc une version quasi finalisée de l’Ethereum 2.0, qui permettra de voir si la « proof of stake », soit la preuve d’enjeu, fonctionne bien sur la blockchain. Cela sera l’occasion de réparer les derniers bugs que les testeurs pourraient rencontrer, et de voir comment la blockchain se comporte.

L’Ethereum ouvre une phase de test cruciale avant la mise en place de la preuve d’enjeu
La mise à jour Kintsugi de l’Ethereum , la dernière étape avant l’Ethereum 2.0 // Source : Ethereum

« Le réseau de test Kintsugi offre à la communauté l’opportunité d’expérimenter avec l’Ethereum tel qu’il sera après La Convergence et de commencer à identifier les problèmes », explique Tim Beiko sur le site de l’Ethereum. « Une fois que les retours auront été pris en compte, une dernière série de tests sera menée. […] Et après ça, la prochaine étape sera La Convergence, et la transition de la blockchain principale vers la proof of stake ».

Le passage à la proof of stake (ou preuve d’enjeu en français), est un changement très attendu par la communauté de l’Ethereum, et plus globalement dans le monde des cryptomonnaies. Cette « preuve » est en effet l’un des piliers centraux de toutes les blockchains. Grossièrement, les blockchains fonctionnent grâce à un système, appelé le protocole de consensus, qui permet de s’assurer que la chaîne n’a pas été altérée. Différents protocoles existent : l’Ethereum et le bitcoin, les cryptomonnaies les plus populaires au monde, utilisent toutes les deux des systèmes de proof of work (preuve de travail).

Pourquoi cette phase de test est-elle si importante pour l’Ethereum ?

Le problème avec le système de proof of work, c’est qu’il consomme énormément d’énergie. Pour confirmer que la blockchain n’a pas été altérée, des validateurs doivent répondre à des calculs extrêmement complexes, qui demandent une quantité impressionnante d’énergie aux ordinateurs. Cette méthode est de plus en plus critiquée à cause de son coût environnemental, au point où le minage a été interdit dans certains endroits.

La proof of stake est une alternative à la proof of work. Ce processus ne demande pas de répondre à des calculs : afin de s’assurer de l’intégrité de la blockchain, il demande aux validateurs de mettre en jeu une partie de leurs possessions en cryptomonnaies, ce qui permet de s’assurer des bonnes intentions de ces derniers.

Le passage d’un système de proof of work à la proof of stake est un changement extrêmement complexe et d’une envergure impressionnante. L’Ethereum 2.0, qui va intégrer le nouveau protocole de consensus et d’autres changements, est donc un énorme chantier, en cours depuis des années. Kintsugi, en tant que dernière phase de test grandeur nature, est la dernière étape avant la Convergence, et est donc particulièrement importante pour la communauté Ethereum.

Il n’y a pas encore de date exacte pour le passage à l’Ethereum 2.0, mais il a été annoncé pour le début d’année 2022. L’arrivée de Kintsugi ne fait que confirmer que ce changement se rapproche. Les retours que feront les utilisateurs de Kintsugi sont donc particulièrement importants pour les équipes de développement de la blockchain, un point sur lequel Tim Beiko a insisté. « Bien que nous soyons toujours en train de raffiner l’UX, nous encourageons la communauté à commencer à utiliser Kintsugi, pour se familiariser avec l’environnement, et avec l’Ethereum post-Convergence ».