La détection d’accident de voiture arrive en France sur la gamme des smartphones Google Pixel. L’option nécessite plusieurs conditions pour fonctionner.

C’est typiquement le genre de fonctionnalité dont on espère ne jamais avoir à se servir.

Pour les propriétaires d’un smartphone de la gamme Pixel, une nouvelle option est disponible pour vous aider en cas de gros accident de voiture. En l’activant, il est possible de demander au téléphone de se tenir prêt à détecter un crash et de vérifier votre situation. Si vous ne réagissez pas à temps à une demande de la part du mobile, en lui disant que tout va bien, alors les secours sont contactés automatiquement.

Plusieurs pays avaient déjà accès à cette fonctionnalité : les États-Unis, le Royaume-Uni, l’Australie, l’Irlande, l’Espagne, le Japon et l’Indonésie. Le 6 décembre, Google a annoncé son élargissement à trois autres pays : la France, Taïwan et l’Italie. D’autres langues sont également prises en charge à travers cette fonctionnalité, dont le japonais, le français et l’allemand.

Car crash detection

La fonctionnalité vous demande si ça va. Si vous ne répondez au bout d’une minute, un appel automatique est passé aux secours. // Source : Google

La détection d’accident de voiture concerne la quasi-totalité de la gamme Pixel, à partir du Pixel 3, qui est sorti en 2018 — en clair, les Pixel 3, 3 XL, 4, 4 XL, 4a, 4a 5G, 5, 5A, 6 et 6 Pro. Sont exclus de cette liste les smartphones sortis avant, à savoir les Pixel et Pixel XL, ainsi que les Pixel 2, 2 XL, mais aussi certaines versions à bas coût, dont les caractéristiques sont moins poussées,  à savoir la série Pixel 3a.

Ce dispositif, sur lequel Google planche depuis au moins 2019, s’appuie sur les capteurs de mouvement du smartphone, mais aussi sur l’analyse des sons environnants. Il tient aussi compte de la position du smartphone. En fonction des données collectées et analysées (et si le smartphone n’est pas détruit lors du crash), le téléphone peut supposer un accident et demander au propriétaire s’il est sain et sauf.

Une option qui marche, sous conditions

Pour que l’analyse soit possible, il faut activer l’option dans les paramètres. Cela implique aussi d’autoriser le smartphone à accéder à votre position géographique, sans discontinuer, mais aussi au micro du Pixel. Si le smartphone n’a pas accès aux sons et ne sait pas où il se trouve géographiquement, le service de détection n’aura pas accès aux données lui permettant d’évaluer la situation.

Le déclenchement d’une alerte aux secours n’est pas immédiat. Le smartphone temporise — 60 secondes — avant d’envoyer l’appel automatique, car il faut pouvoir laisser le temps à son propriétaire de le retrouver — si jamais il a volé dans l’habitacle — ou de reprendre ses esprits s’il a été secoué lors de la collision. Le bouton de situation s’affiche directement à l’image, au-dessus de l’écran de verrouillage, pour gagner du temps.

Google prévient que son dispositif pourrait, dans certaines situations, confondre un crash avec, par exemple, des mouvements brusques provoqués par autre chose. On peut penser à un tour de manège un peu brutal dans une fête foraine. Attention donc aux faux positifs : il pourrait être judicieux de couper ce service avant de monter dans un grand huit, par exemple.

fête foraine

Il y a des secousses, il y a des hurlements, il y a des accélérations, mais ce n’est pas un crash de voiture. // Source : Emmanuel Fromm

Des accidents pourraient également ne pas être détectés, parce qu’ils ne sont pas assez violents, parce que le téléphone est éteint ou à cause d’une mauvaise évaluation. Il faut, en outre, se trouver dans une zone couverte par un réseau mobile. Si vous êtes dans une zone blanche, votre Pixel ne pourra pas servir. Un appel en cours peut aussi empêcher cet envoi. Idem si le téléphone subit des dégradations pendant l’accident. Le mode avion et l’économiseur de batterie empêchent également ce service.

Même si la fonctionnalité est confrontée à un certain nombre de cas de figure la rendant inefficace, celle-ci peut toutefois jouer un rôle crucial dans bien d’autres circonstances. Même à supposer une efficacité limitée de l’ordre de 50 %, ou même de 10 %, cela peut représenter un nombre important de vies sauvées si on applique ces statistiques sur un grand volume d’utilisateurs.

Aussi prometteuse que soit une telle option, sa portée reste toutefois limitée au taux d’adoption des smartphones Pixel. Or, force est de constater que ce ne sont pas les téléphones les plus courus, même s’ils sont généralement bien notés dans la presse tech et appréciés des personnes qui en possèdent un. Les choses seraient bien différentes si on généralisait cette fonctionnalité à tout Android.