Et si l’on stockait l’intégralité de notre vie numérique sur un CD en verre capable de rester lisible des milliards d’années ? Une récente découverte de chercheurs nord-américaine nous rapproche d’une révolution dans le stockage de données.

Vous avez des soucis de stockage sur votre ordinateur ? La dernière trouvaille de l’Optical Society pourrait vous être utile. L’association américaine à la pointe dans les domaines de l’optique et de la photonique a découvert un moyen de stocker 500 téraoctets de données sur un volume en verre à peine plus gros qu’un CD. Cette méthode de stockage serait, en prime, fiable pendant plusieurs milliards d’années.

Dans un article de recherche publié le 28 octobre dans la revue Optica, une équipe de recherche explique comment, en utilisant le stockage optique de données 5D, elle est parvenue à créer un support de stockage idéal pour les très grandes quantités de données (500 To équivaut à 500 000 Go). Pour comparaison, sur la même surface un disque Blu-Ray stocke 10 000 fois moins d’informations.

C’est quoi le stockage 5D ?

Le stockage de données 5D consiste à inscrire des informations sur une surface en verre nanostructuré (composé de molécules dont une dimension est comprise entre 0,1 et 100 nanomètres[un nanomètre étant égal à un milliardième de mètre). À l’aide d’un laser, il est possible de graver, à une échelle microscopique, des données dans la surface en verre. En faisant varier les dimensions de la gravure, la longueur d’onde utilisée et l’intensité du signal laser, il est possible d’inscrire de minuscules points de données qui changeront la polarisation de la lumière qui les traverse. Selon la manière dont la lumière traverse ces gravures, il est possible d’interpréter ensuite les données inscrites sur le disque. Le stockage est appelé 5D, puisqu’en plus de se reposer sur les 3 dimensions physiques, la taille de la gravure ainsi que son orientation sont prises en compte au moment de lire les données.

Des informations inscrites grâce au gravage 5D // Source : Optica

Jusque là, le stockage de données 5D était limité en raison de sa vitesse d’écriture ridicule et de son manque de précision. Les chercheurs de l’Optical Society sont cependant parvenus à développer une nouvelle technique plus précise appelée « amplification de champ proche » qui repose sur des pulsations de lumières plus faibles. Cela permet d’éviter les dégâts thermiques générés par la méthode précédente. Le stockage de données 5D présente l’énorme avantage de pouvoir conserver d’importants volumes de données pendant des périodes dépassant la dizaine de milliards d’années.

60 jours pour inscrire 500 To de données

En tirant parti des améliorations présentées par la technique de stockage 5D, l’équipe de chercheurs est parvenue à écrire des données à une vitesse de 230 kilooctets par seconde. La vitesse peut paraitre risible à notre époque où l’on parle de vitesse de transfert en gigaoctets (un million de kilooctets) par seconde, mais elle permettrait d’inscrire 500 To de données en l’espace de 60 jours (en écriture parallèle) sur un disque en verre. Un délai acceptable pour la conservation d’informations très longue durée.

« Avec le système actuel, nous avons la capacité de conserver des téraoctets de données, qui pourraient être utilisés, par exemple, pour conserver les informations de l’ADN d’une personne », explique un des chercheurs. Le défi maintenant est de rendre cette utilisation viable hors des laboratoires, pour avoir une méthode capable de stocker de très importants volumes de données pendant des milliards d’années. Ainsi, il deviendrait possible de ne plus jamais rien perdre et de sauvegarder le patrimoine de l’humanité sur des supports extrêmement résilients. Le stockage 5D peut potentiellement résister à des chaleurs allant jusqu’à 1 000 degrés Celsius.

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