Un temps superstar du web, Firefox est aujourd’hui un navigateur de plus en plus délaissé par le grand public qui lui préfère Chrome ou Safari. Une nouvelle pas forcément réjouissante pour la diversité du web.

Firefox n’a plus la forme. Le navigateur de la fondation Mozilla peine à garder des utilisateurs face à Google Chrome et Safari. Depuis janvier 2019, le panda roux a perdu plus de 50 millions d’utilisateurs selon les chiffres officiels fournis par Mozilla.

Chrome et Safari grand vainqueur

Il y a un peu plus de trois ans, le navigateur libre comptait 253 millions d’utilisateurs mensuels. Selon les relevés du 2 aout 2021, le navigateur en compte maintenant 196 millions. Une chute sévère qui ne semble pas avoir été stoppée par la grande refonte esthétique qu’a opérée Firefox en avril dernier.

La courbe des utilisateurs actifs mensuels de Firefox
La courbe des utilisateurs actifs mensuels de Firefox // Source : Firefox

C’est bien évidemment Chrome et Safari qui profitent de cette perte de popularité de Firefox. Le navigateur de Google pèse pour 68,5 % de toutes les sessions de surf dans le monde tandis que celui d’Apple rafle 9,4 % du marché mondial. Vient ensuite Microsoft Edge à 8,2 % et Firefox à 7,6 %. Ces chiffres correspondent à l’utilisation sur ordinateur, mais sur mobile la tendance est la même, avec tout de même un Safari qui rafle un quart des parts de marché dans le monde. Firefox, qui n’a jamais explosé sur nos smartphones, ramasse les miettes à 0,51 %.

C’est un camouflet pour la fondation Mozilla qui, au début des années 2000, s’était fait un nom en bousculant la domination sans pareil d’Internet Explorer. Mais au-delà des chiffres et de la guerre des navigateurs, cette perte de vitesse de Firefox n’est pas nécessairement une bonne nouvelle pour le web dans son ensemble.

C’est quoi un moteur de rendu ?

Les trois principaux navigateurs (Chrome, Safari et Microsoft Edge), qui comptent pour 86 % des sessions de surf à eux seuls, utilisent tous le même moteur de rendu HTML. Le moteur d’un navigateur web est la composante logicielle qui va transformer le code HTML en une interface visuelle compréhensible par l’utilisateur.

Il en existe 7 ou 8 sur le marché, mais ces dernières années la plupart des navigateurs grand public ont adopté Webkit et son dérivé Blink. Cela signifie que quasiment 90 % des internautes utilisent le même outil pour déchiffrer les pages web. Si cela ne se remarque pas la plupart du temps, car l’interprétation du langage HTML est plus ou moins standardisée, cela peut poser des problèmes de sécurité et de compatibilité.

Des problèmes de sécurité et de compatibilité

Si une faille de sécurité est détectée dans le moteur de rendu, c’est 90 % des internautes mondiaux qui sont potentiellement exposés. Une telle situation s’est déjà présentée il n’y a pas si longtemps puisqu’en mai 2021 une faille dans WebKit faisait parler d’elle.

Mettre tous ses œufs dans le même panier peut aussi poser des problèmes de compatibilité sur le long terme. La domination de Webkit pourrait pousser les webmasters à ne pas optimiser leurs sites pour d’autres moteurs et ne les rendre pleinement fonctionnels que sur Chrome, Safari ou Edge. Les plus âgés se souviendront sans doute des sites «  optimisés pour Internet Explorer » qui utilisaient du code pas toujours très propre et excluaient les internautes ne naviguant pas sur l’outil de Microsoft.

Pour le dire simplement, la domination d’un acteur ou d’un outil n’encourage pas l’évolution ou l’innovation. Voir Firefox dégringoler n’est pas une bonne nouvelle, car cela risque de créer un web à deux vitesses ou Google, Apple et Microsoft seront privilégiés.

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