Davantage connue pour ses microphones professionnels, la marque Shure commercialise des écouteurs sans fil atypiques. Mais leur son est d'excellente qualité.

Shure n’est certainement pas la première marque qui vient à l’esprit quand on veut acheter des écouteurs sans fil. Elle est connue, et appréciée, pour ses microphones professionnels. Pour autant, son catalogue réunit bel et bien des casques et des écouteurs, à commencer par les modèles Aonic 215, sans fil et dotés de la technologie Sound Isolating pour bloquer les bruits extérieurs. Leur particularité ? Ils sont modulables : on peut détacher l’oreillette du dongle permettant de les relier en Bluetooth à son appareil.

L’idée derrière les Aonic 215 est donc de pouvoir évoluer, en reliant d’autres écouteurs détachables sur ce que Shure appelle l’adaptateur Shure True Wireless Secure Fit. En parcourant le site de l’entreprise, on découvre de multiples options et plusieurs prix (jusqu’à 1 059 euros pour le SE846-CL, « vaisseau amiral » de la nouvelle série des intras Shure). Le kit comprenant l’adaptateur et les écouteurs Aonic 215 est proposé à 245 euros, sachant que ledit adaptateur vaut 189 euros à lui seul.

L’argument modulable des écouteurs Shure Aonic 215 // Source : Maxime Claudel pour Numerama

Pas très discrets

Comme annoncé, le design des Aonic 215 est… atypique. Si la partie écouteurs ressemble effectivement à des oreillettes classiques avec une forme faisant penser à un petit haricot, ils sont chacun reliés à un appendice qui les transforme en gros appareils auditifs. Le double adaptateur sans fil occupe deux fonctions : assurer la connexion, donc, mais aussi ajouter un tour d’oreille pour garantir un maintien irréprochable. Seul hic ? Il ajoute une boule derrière l’oreille, indispensable pour réunir la partie électronique nécessaire au fonctionnement. Une fois insérés dans l’oreille, les Aonic 215 ne brillent ni par leur discrétion ni par leur élégance (la boule dépasse du lobe). Tel est le prix de la modularité.

Une impression de robustesse

En revanche, force est de reconnaître que la qualité de fabrication est au rendez-vous. Shure se définit comme une marque premium et cela se voit sur les Aonic 215. Les finitions s’avèrent d’excellente facture et il s’en dégage une impression de robustesse. C’est d’ailleurs pour cette raison que Shure n’hésite pas à évoquer des séances de sport dans sa description, qui vise évidemment à mettre en avant le produit.

Les Aonic 215 sont livrés avec un boîtier de recharge circulaire. Il prend la forme d’une coque, elle aussi très résistante — car très dure — aux dimensions imposantes (face au boîtier des AirPods, par exemple). Les écouteurs trouvent naturellement leur place à l’intérieur, aidés par leur forme étrange. À noter que Shure a le souci du détail : la diode présente à l’intérieur pour renseigner sur l’état de la recharge est visible depuis l’extérieur grâce à un effet loupe. Bien pensé.

Si même Adam Levine (Maroon 5) n’a pas la classe avec les Shure Aonic 215… // Source : YouTube Shure

Quelques soucis ergonomiques

Pour connecter les Aonic 215 à son appareil compatible Bluetooth, il faut passer par un appareillage manuel. Le processus est le suivant : on appuie suffisamment longtemps sur le bouton de l’adaptateur droit jusqu’à entendre « Bluetooth Pairing Mode » puis on allume l’écouteur gauche. Rendez-vous ensuite dans les paramètres Bluetooth de l’appareil à connecter pour lier le tout. On entrevoit déjà un petit défaut : l’écouteur gauche est dépendant du droit et il faudra allumer les deux à chaque fois (sauf pour un appel, qui passe uniquement par le droit). Il n’y a pas de démarrage automatique quand on les sort du boîtier.

Chaque adaptateur propose un bouton multifonction permettant d’accéder à plusieurs commandes :

  • Un appui de deux secondes pour allumer ;
  • Un appui pour gérer la lecture ;
  • Deux appuis pour passer en mode environnement (qui amplifie les bruits extérieurs) ;
  • Trois appuis pour lancer l’assistant vocal.

Et… c’est tout : pas de possibilité d’ajuster le volume ni de moyen de passer à la chanson suivante (ou précédente). Hélas, l’application compagnon Play ne permet pas de personnaliser ces boutons. Shure aurait peut-être pu penser à attribuer des commandes différentes aux deux écouteurs.

L’application compagnon reste utile pour plusieurs raisons. Il est possible de lier un service de streaming pour retrouver facilement quelques-uns de ses morceaux de musique. On ne comprend pas comment Shure fait sa sélection — en tout cas sur iOS (les morceaux téléchargés sur l’iPhone ne correspondent pas avec la liste accessible). Bref, il vaut mieux passer par son application de streaming et réserver l’usage de Play pour l’égaliseur.

Un écouteur Shure Aonic 215 (arrière) // Source : Maxime Claudel pour Numerama

Ne jamais se fier aux apparences

On ne pensait pas être aussi élogieux sur le confort offert par les Aonic 215, en voyant ce design audacieux. On commencera par louer la générosité de Shure en matière d’embouts. Dans la boîte, on en trouve cinq paires : trois tailles (S, M et L), ainsi que deux finitions (normale ou à mémoire de forme). Ce large choix permettra à l’utilisateur de trouver chaussure à son pied — ou plutôt embout à son oreille. Il faut simplement veiller à ne pas brusquer ceux à mémoire de forme, qui ont tendance à vite marquer et peuvent s’avérer très fragiles.

Dans l’oreille, les Aonic 215 se font très, très discrets et s’insèrent très bien sans provoquer un sentiment de gêne. L’adaptateur offre une tenue comparable aux Powerbeats Pro de Beats — c’est-à-dire excellente — et jamais inconfortable. Même les longues sessions ne trahissent pas les Aonic 215. À défaut d’avoir un look discret, ils ne font pas mal aux oreilles. Sur ce point, la mission est remplie haut la main. Et comme les boutons se trouvent sur les adaptateurs, vous n’aurez pas à appuyer sur votre oreille pour les utiliser.

Les embouts livrés avec les écouteurs Shure Aonic 215 // Source : Maxime Claudel pour Numerama

Des écouteurs audiophiles

Moins tournés sur l’ergonomie que la moyenne, les Aonic 215 se rattrapent sur la restitution du son. On ressent bien le savoir-faire de Shure, avec une emphase sur les qualités audiophiles. N’attendez pas des Aonic 215 des basses fulgurantes, qui survendraient les prestations acoustiques du produit, plutôt des graves à l’assise bien définie, moins assommants. Les écouteurs respectent au mieux les morceaux, sans chercher à colorer quoi que ce soit. Le résultat est un rendu neutre et équilibré, avec plein de détails ciselés à apprécier. Les performances sont moins clinquantes que chez la majorité de ses concurrents, pour le plus grand bonheur des utilisateurs exigeants — qui préfèrent la justesse à l’esbroufe.

Précis et pertinents

C’est simple, de tous les écouteurs que nous avons testés à date, les Aonic 215 sont les plus précis et pertinents, même s’ils sont moins à l’aise dans certains genres (ils sont plus brouillons avec le rap et le métal). Il vaut mieux leur donner de la délicatesse, qu’ils devraient sublimer en ajoutant de la texture à l’équation, avec une belle découpe entre les moments calmes et ceux plus dynamiques (l’aération est parfaite). Les utilisateurs et utilisatrices qui le souhaitent pourront aller encore plus loin dans le plaisir de la (re)découverte en changeant les écouteurs pour un modèle plus haut de gamme.

Les Aonic 215 sont par ailleurs efficaces sur leur isolation acoustique, à partir du moment où l’on a trouvé le bon embout pour en profiter dans les meilleures conditions. En revanche, on cherche encore l’utilité du monde environnement, qui n’amplifie pas suffisamment les bruits extérieurs.

Un écouteur Shure Aonic 215 (avant) // Source : Maxime Claudel pour Numerama

32 heures d’autonomie en tout

Les Aonic 215 peuvent tenir 8 heures en une seule charge, une autonomie qui passe à 32 heures si l’on ajoute les trois charges additionnelles fournies par leur boîtier (qui se recharge en USB-C). Autant dire qu’ils ont clairement de quoi voir venir avant de faire entendre leur dernière note.

Boîtier des écouteurs Shure Aonic 215 // Source : Maxime Claudel pour Numerama

En bref

Aonic 215

Note indicative : 4/5

Les écouteurs sans fil Shure Aonic 215 sont un peu le cliché du produit pour utilisatrices et utilisateurs exigeants. Ils associent une qualité d’écoute irréprochable, au-dessus de la mêlée dans cette catégorie de prix (250 euros), et une ergonomie trop dépassée pour en faire des incontournables. Comme si le public visé n’avait pas droit, lui aussi, à la simplicité d’usage.

Il faut aussi accepter ce design peu élégant, avec cet adaptateur détachable pour offrir un argument de modularité aux Aonic 215 (et pour les remplacer par des écouteurs plus chers). Le concept n’est pas inintéressant, mais risque, là aussi, de perdre celles et ceux qui ne veulent pas d’un accessoire complexe.

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  • Design modulable
  • Son irréprochable
  • Confortables

Bof

  • Design ni discret ni élégant
  • Ergonomie compliquée
  • Application limitée

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