L'entreprise chinoise Huawei a fait savoir que Qualcomm a demandé le droit de pouvoir commercer avec elle. Compte tenu des tensions sino-américaines, un feu vert de la Maison-Blanche est incertain.

Quel avenir Huawei peut-il espérer dans le secteur des smartphones s’il n’a plus accès aux processeurs de pointe et doit se rabattre sur des solutions moins performantes ? Depuis le 15 septembre, le constructeur chinois n’est plus en mesure de faire fabriquer ses puces Kirin, qui sont produites par la société taïwanaise Taiwan Semiconductor Manufacturing Company (TSMC).

Le salut pourrait peut-être venir d’une compagnie américaine, Qualcomm. C’est en tout cas à ce mince espoir que se raccroche maintenant le groupe asiatique. Mais rien n’est joué : d’après Huawei, Qualcomm a demandé une licence pour lui vendre des puces afin de les embarquer dans ses futurs smartphones. Mais encore faut-il que la Maison-Blanche donne son aval.

Des exemples de puces Snapdragon fabriquées par Qualcomm. // Source : Qualcomm

Enjeux commerciaux pour Qualcomm, de survie pour Huawei

Qualcomm a, certes, un intérêt commercial à traiter avec Huawei.

Il préfère que celui-ci lui achète son matériel, plutôt que de le voir se rabattre sur des solutions étrangères. Outre TSMC, des sociétés comme Intel, MediaTek ou Samsung sont parfois évoquées comme alternatives. Autre inquiétude : que cela donne un coup d’accélérateur à l’industrie chinoise des semi-conducteurs pour qu’elle comble son retard et finisse par constituer une menace.

Selon CNBC, qui rapporte l’information, Qualcomm pousse le gouvernement américain à lui permettre de traiter avec Huawei. Citant un rapport daté d’août et relayé par le Wall Street Jounal, la chaîne de télévision mentionne un manque à gagner de plusieurs milliards de dollars. Selon Reuters, Intel aurait réussi à obtenir une licence pour vendre certains produits à Huawei.

Les stocks de processeurs et l’accès aux modèles les plus récents ne sont pas les seuls soucis auxquels est confronté Huawei. Pour d’autres composants indispensables, les difficultés s’amoncellent : début septembre, de mauvaises nouvelles ont afflué concernant les écrans et la mémoire vive. Là encore, Huawei pourrait éventuellement se rabattre sur des prestataires chinois.

Partager sur les réseaux sociaux

La suite en vidéo