Année après année, l'annonce des smartphones Apple est scrutée. Et tous les ans, presse et analystes font des erreurs d'appréciation sur les iPhone. Notre pari ? L'iPhone 11 présenté ce mardi 10 septembre ne sera pas épargné.

C’est le jour J pour Apple : comme à chaque rentrée, le géant de Cupertino fait un show autour de ses nouveautés dans l’univers des smartphones. L’événement est très largement suivi et commenté, même si les ventes d’iPhone ne sont plus ce qu’elles étaient et que l’entreprise de Tim Cook met le paquet sur les services. Et malgré une certaine habitude prise par la presse le jour du keynote, de nombreuses idées reçues sur l’iPhone viennent s’immiscer dans les analyses… depuis maintenant plus de 10 ans.

L’iPhone 11 est une révolution

« Apple va réinventer le téléphone ». Qui peut dire en 2019 que l’iPhone présenté ainsi par Steve Jobs en 2007 n’a pas changé le monde dans lequel nous vivons ? En bien ou en mal, il a démocratisé l’informatique mobile et a fait du smartphone l’objet numérique central du quotidien, créant une infinité de services, de business et d’usages.

Mais depuis, la révolution colle à la peau d’Apple. Est-ce que les iPhone qui ont suivi le premier ont tous été révolutionnaires  ? Si l’on entend le terme strictement, en matière de rupture pure supposant un avant et un après, on peut dire sans mal qu’aucun ne l’a été. Et même aller plus loin : Apple n’est pas, par essence un acteur du gadget technologique révolutionnaire. La firme de Cupertino a montré, année après année, qu’elle préférait être la meilleure sur une technologie plutôt que la première.

À quelques exceptions près, ce n’est pas chez Apple que l’on trouve les premières versions de nouvelles technologies, mais c’est assurément sur les iPhone qu’on trouve le plus de technologies répondant à des problèmes concrets et dans une version adaptée aux usages d’un public large.

Dès lors, il y a peu de chance qu’un iPhone soit un jour de nouveau révolutionnaire.

La conférence iPhone d’Apple se termine par un One More Thing

Technique de communication théâtrale popularisée par Apple, le One More Thing qui révèle le clou du spectacle à la toute fin, alors que l’on pensait les annonces terminées, n’est pas systématique. L’annonce de fin que maniait remarquablement Steve Jobs n’a pas été présente à toutes les conférences, notamment dans l’ère Tim Cook. En 2014, l’Apple Watch était un One More Thing. En 2017, l’iPhone X était un One More Thing. En 1998, Apple qui recommençait à engranger des bénéfices était un One More Thing. Mais bien des conférences n’ont pas été conclues par ces révélations.

Faut-il donc attendre un One More Thing après l’annonce des iPhone 11 ? C’est une rumeur, mais également un sujet qui passionne les fans année après année : trouver l’objet ou le service encore inconnu qu’Apple dévoilera par surprise.

l’iPhone X était un One More Thing // Source : Numerama

L’iPhone n’est pas écologique, car pas réparable

C’est une idée reçue très ancrée dans l’imaginaire collectif et qui contient en fait deux reproches à l’iPhone : sa non réparabilité par les particuliers et son mauvais bilan écologique.

Sur le premier point, tout est une question de point de vue et d’appréciation. Pour les experts internationaux du démontage et de la réparation do it yourself d’iFixit, les iPhone sont toujours au-dessus de la moyenne. Les années passant, Apple s’est même amélioré, ayant plutôt des notes autour de 7 que le traditionnel 6. Il est tout à fait vrai en revanche qu’Apple déconseille fortement la réparation maison de ses appareils.

Le 6/10 n’est pas une excellente note, mais n’est pas dramatique non plus // Source : iFixit

Et c’est là où la question est philosophique : Apple a des procédures internes pour réparer tous les iPhone qui évitent de les casser, d’installer des pièces défectueuses ou de mauvaise qualité ou de mettre en défaut l’une des sécurités de l’appareil. La firme estime qu’un iPhone réparé dans un Apple Store ou chez un technicien formé sera mieux réparé, plus intègre et donc plus durable. On peut ne pas être d’accord, mais les arguments tiennent.

Côté écologie en revanche, l’iPhone en tant que tel est peut-être le meilleur élève dans un le pire marché. Le meilleur, car du recyclage aux sources des matériaux en passant par l’assemblage et le suivi sur la durée des mises à jour pour permettre aux vieux iPhone d’être toujours sécurisés, Apple lutte activement contre l’obsolescence des produits — un combat reconnu par plusieurs organismes tiers qui n’épargnent pourtant pas les géants de la tech. Le pire, car le smartphone reste un produit au mauvais bilan carbone, importé de Chine partout dans le monde, et qui se renouvelle encore tous les ans. Difficile d’imaginer le marché s’apaiser, quand un Xiaomi présente un nouveau modèle toutes les trois semaines ou que le nombre de flagship de la concurrence grand public sous Android est passée d’un modèle à 3 par an.

À cause de l’iPhone 11, Apple va mourir

L’analyse « Apple va mourir » est l’un des running gag de la tech. Évidemment, avec tout ce que les analystes projettent comme fantasmes sur l’iPhone 11, à la fin d’un keynote, tout le monde est déçu. Et ces mêmes analystes en vont de leurs billets signifiant la mort prochaine d’Apple. L’analyse est pourtant mauvaise : cela fait déjà quelques années qu’Apple a pris acte de la baisse des ventes de l’iPhone.

The Morning Show // Source : Youtube/Apple

Le produit « poule aux œufs d’or » devient petit à petit le réceptacle pour des services multimédias qui augmenteront, de fait, la somme payée à Apple par utilisateur. Avec une base installée désormais confortable, Apple a de la marge pour faire progresser ces revenus dématérialisés. Deux questions sont pourtant en suspens : est-ce que les offres seront d’une qualité suffisante et est-ce que ce passage au service ne les poussera pas à dénaturer leurs produits, par exemple en les utilisant comme des outils de promotion ?

La réponse se fera dans la décennie à venir. Et en attendant, Apple a des milliards de dollars pour voir venir.

Le prix de l’iPhone est trop élevé par rapport à ses composants

Vous lirez probablement ce marronnier dès ce soir dans la presse : un cabinet d’analyse se sera rué sur les catalogues des usines chinoises et aura fait une sorte d’addition des composants dans l’iPhone, pointant du doigt le prix (qui sera élevé) de l’iPhone. C’est un classique qui ne nécessite pas d’avoir de grandes compétences en économie pour être mis à mal, ne prenant ni la R&D, ni l’assemblage, ni l’activité d’Apple (SAV, personnel), ni les investissements pour des produits plus responsables… ni la marge.

En 2019, ces articles seront encore moins intéressants que les années précédentes dans la mesure où tout l’écosystème a élevé ses tarifs : rares sont les smartphones flagship à moins de 1 000 € et les plus audacieux dépassent aujourd’hui les 2 000 €.

Crédit photo de la une : YouTube Marques Brownlee

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