Le groupe de travail JATR, chargé de vérifier la certification du 737 Max, indique avoir besoin de plus de temps pour achever ses travaux. Son rapport sera connu dans les prochaines semaines.

Voilà bientôt six mois que le Boeing 737 Max est interdit de vol dans le monde entier. Hélas pour le constructeur aéronautique comme pour les compagnies aériennes qui s’en servent, l’avion va encore rester au sol encore plusieurs semaines. Parmi les obstacles qui figurent encore sur la route de l’aéronef figure le processus d’examen des modifications sur l’appareil, qui a pris du retard.

Dans un communiqué paru le 30 août, la direction de l’aviation civile américaine (FAA) fait savoir que la « Joint Authorities Technical Review » (JATR), une structure regroupant les principales autorités de régulation du trafic aérien, a besoin de temps pour finaliser son travail de documentation. C’est une question de semaines, à en croire la FAA, qui est partie prenante de ce groupe d’experts.

Outre les États-Unis, le JATR rassemble les autorités de l’Australie, du Brésil, du Canada, de la Chine, des Émirats arabes unis, de l’Indonésie, du Japon et de Singapour. Les pays de l’Union européenne sont également représentés à travers l’Agence européenne de la sécurité aérienne. Elle représente notamment la France et sa Direction de la sécurité de l’aviation civile.

La NASA est également conviée au sein du JATR.

Boeing avion 737 MAX
Des avions mis en parking. // Source : Eric Bannwarth

Vérifier la certification du MCAS

L’objectif du JATR, qui a été mis sur pied début avril, quelques semaines après la seconde catastrophe aérienne impliquant le 737 Max survenue en mars 2019 (le premier date du mois d’octobre 2018), est d’effectuer un « examen complet de la certification du système de commandes de vol automatisées de l’avion » — notamment le MCAS (Maneuvering Characteristics Augmentation System).

Le MCAS est au cœur de l’affaire : il s’agit d’un système destiné à stabiliser l’avion en vol, de façon automatique, pour éviter le décrochage. Ce dispositif a été conçu pour s’adapter à la nouvelle physionomie de l’avion. Boeing tenait à rendre le 737 Max moins gourmand en carburant : il a donc utilisé de nouveaux moteurs, plus gros et plus proches de la carlingue, ce qui a changé son aérodynamisme.

Outre la vérification de ce mécanisme, le JATR s’est aussi attelé à l’inspection de la conception du système automatisé de commandes de vol de l’aéronef et de la façon dont les pilotes interagissent avec ce système et voir sa compatibilité avec tous les règlements applicables. En fonction des constats faits, le JATR est susceptible de suggérer une série d’améliorations à apporter à l’avion.

Boeing 737 MAX avion
Un Boeing 737 MAX en manoeuvre. // Source : Nathan Coats

Une reprise des vols en octobre ?

La FAA souligne que « le focus du JATR sur la certification de l’avion est distinct des efforts continus visant à remettre l’avion en vol en toute sécurité ». Cependant, elle dit « accueillir favorablement l’examen minutieux de ces experts et attendons avec impatience leurs conclusions ». Celles-ci seront examinées attentivement et seront prises en compte si elles sont susceptibles d’améliorer la certification des appareils.

Du côté de Boeing, le calendrier déterminant la reprise des activités du 737 Max consiste à procéder à la remise d’un nouveau dossier de certification aux autorités de la sûreté aérienne en septembre, corrigé et complété, avec à la clé un vol d’essai pour (re)qualifier l’appareil. Si tout se passe bien, la remise en service de l’avion surviendrait le mois suivant, en octobre.

À lire sur Numerama : Crash des 737 Max  : corriger le logiciel ne peut pas tout sauver, c’est peut-être l’avion qu’il faut modifier

Crédit photo de la une : Oleg V. Belyakov

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