Apple a été épinglé cet été pour avoir écouté des bribes de conversations privées captées par Siri. Ces écoutes visent à améliorer la qualité du service, mais cela n'était pas dit clairement, ou le consentement n'était pas bien obtenu. Apple en tire des leçons.

Des excuses et une réforme de ses pratiques. Voilà la façon dont Apple entend régler l’affaire des écoutes indiscrètes via Siri, qui a émergé cet été. Dans une publication datée du 28 août, l’entreprise américaine a présenté son plan d’action pour éviter que cette situation ne se répète à l’avenir. Une fois celui-ci pleinement déployé, Siri pourra se remettre à fonctionner normalement. Ou presque.

Rappel des faits. Cet été, les grosses entreprises américaines que sont Amazon, Google et Microsoft se sont vu reprocher de procéder à des écoutes discrètes de leurs clients, via les services et les appareils qu’ils vendent, comme les enceintes connectées. Apple, qui pourtant communique beaucoup sur le respect de la vie privée, a aussi été épinglé.

Les enceintes connectées se sont retrouvées au cours de la controverse. // Source : Capture d’écran YouTube / Amazon

Des écoutes pour affiner la qualité de Siri

Dans les faits, ces écoutes ne visent pas à espionner. Il s’agit de rehausser la qualité de la reconnaissance automatique de la parole. Dans ce cadre, des bribes de conversation peuvent être captées puis envoyées pour analyses à des employés (ou contractuels), à des fins d’amélioration du service. Sur le papier, la provenance de ces fichiers est anonymisée ; mais parfois, la teneur même des propos peut dévoiler beaucoup.

Face à la grogne du public, les quatre entreprises ont toutes rétropédalé et annoncé la suspension provisoire de ces écoutes et des modifications dans la manière de s’assurer du consentement des particuliers — car cette facette indiscrète des assistants virtuels et des enceintes connectées n’a pas été assez explicitée par les entreprises, juste vaguement évoquée dans les conditions d’utilisation.

Du changement chez Apple

C’est donc dans ces circonstances qu’Apple annonce trois changements :

  • Premièrement, par défaut, Apple ne conservera plus les enregistrements sonores des interactions avec Siri. Apple continuera d’utiliser les transcriptions générées par ordinateur pour aider Siri à s’améliorer ;
  • Deuxièmement, les utilisateurs pourront choisir d’aider Siri à s’améliorer en apprenant à partir des échantillons sonores de leurs requêtes. Apple espère que de nombreuses personnes choisiront d’aider Siri à s’améliorer, tout en rappelant que ceux qui choisissent de participer pourront se retirer à tout moment et qu’un « solide » cadre pour assurer leur confidentialité est fourni ;
  • Troisièmement, lorsque les clients s’inscrivent, seuls les employés d’Apple seront autorisés à écouter des extraits audio des interactions Siri. Apple s’efforcera d’effacer tout enregistrement qui est considéré comme une sollicitation involontaire de Siri.

Pour le dire plus simplement, Apple va exiger une action volontaire des usagers s’ils veulent un Siri plus efficace, c’est-à-dire un Siri qui pourrait envoyer certains extraits sonores à des employés de l’entreprise américaine pour s’assurer de la qualité de l’interprétation des propos prononcés à voix haute et leur correcte retranscription. Sans accord éclairé et explicité, Siri ne transmettra rien.

Suspension et licenciement

Actuellement, Apple a suspendu pour trois mois et dans le monde entier son processus d’écoute d’échantillon pour améliorer son assistant virtuel. Celui-ci doit reprendre à une date indéterminée, vers la fin de l’automne, mais uniquement à la condition que tous les ajustements logiciels appropriés aient été réalisés et que les changements évoqués aient été appliqués.

Apple faisait écouter des conversations avec Siri. // Source : Apple

Dans le même temps, la firme de Cupertino a renvoyé plus de 300 contractuels qui étaient membres de ce programme d’amélioration. Ces dernières semaines, plusieurs publications dans la presse ont permis de documenter le fait que ces bribes de conversations pouvaient être utilisées avec un peu d’habilité pour retrouver l’identité d’une personne (en se basant par exemple sur une adresse donnée à haute voix).

« Nous réalisons que nous n’avons pas été à la hauteur de nos grands idéaux, et nous nous en excusons », confesse Apple. L’entreprise poursuit : « Apple s’engage à placer le client au centre de tout ce que nous faisons, y compris la protection de sa vie privée. »

Crédit photo de la une : Apple

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