La société Stratolaunch a fait passer les tests du plus grand avion du monde à l'étape suivante. Le premier vol d'essai du véhicule porte-fusée a eu lieu et s'est passé à merveille.

Huit ans après le début du projet, l’avion de la société Stratolaunch, le plus grand du monde, a enfin réalisé son baptême de l’air. Le 13 avril 2019, l’aéronef a décollé depuis l’aéroport de Mojave (Californie) et a, selon la compagnie, « volé pendant 2,5 heures à une altitude maximum de 5 km et une vitesse de pointe de 304 km/h. » Ces chiffres seraient dérisoires pour un avion classique, mais le Stratolaunch est un engin très particulier.

Décollage réussi pour le Stratolaunch. // Source : Stratolaunch

La société Stratolaunch a pour objectif de créer un avion pouvant servir de plateforme de lancement à plusieurs fusées. Dans l’idée, l’aéronef doit atteindre une certaine altitude avant de « lâcher » les fusées pour qu’elles volent de leurs propres ailes dans l’orbite terrestre. Un tel système serait plus simple à mettre en place que les lanceurs situés à terre, lesquels demandent beaucoup d’efforts et d’argent pour être construits.

Pour transporter ce genre d’engin, il faut bien plus qu’un simple avion de ligne. L’envergure du Stratolaunch est donc de 117 mètres (contre 80 mètres pour un Airbus A380) et l’appareil embarque six moteurs de Boeing 747. Son design ressemble à la fusion entre deux avions dotés d’une seule aile, dont «  le centre renforcé (…) est capable d’embarquer plusieurs lanceurs de fusées pour un poids total de 227 tonnes. »

Le futur du Stratolaunch

Le premier vol du Stratolaunch est une étape importante dans l’avancée du projet, surtout vu que sa première utilisation officielle est prévue pour 2020. En effet, la firme a déjà trouvé un client : Northrop Grumman, la société à l’origine du Pegasus-XL. Cette fusée devrait donc être la première à être lancée si Stratolaunch ne prend pas trop de retard dans le développement de son avion.

Malgré sa réussite, les opérations de Stratolaunch ont beaucoup ralenti ces derniers mois. À la suite de la mort de Paul Allen, fondateur de la firme (et de Microsoft), en octobre 2018, la société a licencié plus de 50 employés. Cette décision s’est accompagnée de l’annulation du projet consistant à créer une flotte de vaisseaux spatiaux. La société a donc revu ses ambitions à la baisse et se contentera d’utiliser son appareil au profit d’autres compagnies. L’avenir nous dira si ces nombreux changements auront à terme un effet positif sur le projet.

Partager sur les réseaux sociaux