Dans les années 90, les téléphones à clapet étaient courants. Aujourd'hui en retrait, ils pourraient peut-être réapparaitre sous une forme différente, grâce aux écrans pliables. Plusieurs constructeurs disposent de brevets en ce sens. Dernièrement, c'est Motorola qui en a fait valider un.

Après l’encoche en haut des écrans, la prochaine mode sera-t-elle celle des écrans pliables ? Si l’on se fie aux brevets qu’ont déposés les constructeurs de smartphones, tous les industriels sont dans les starting-blocks pour lancer un mobile que l’on peut rabattre sur lui-même : Nokia, Apple ou encore Samsung disposent de titres de propriété industrielle censés prouver leurs intérêts pour ce type de produit.

Le fait est que rien de probant n’est arrivé jusqu’au stade de la commercialisation. Si des prototypes existent vraisemblablement dans les laboratoires des fabricants, le stade de la production de masse n’a jamais été atteint. Peut-être cela changera-t-il prochainement, à en croire les propos du PDG de Samsung, qui a exprimé son intérêt pour ces appareils. La technologie pour l’écran existe.

À cette liste d’entreprises produisant des brevets sur des mobiles pliables mais qui n’en font rien de particulier, on peut ajouter Motorola : notre confrère FrAndroid relève qu’un brevet a été déposé aux États-Unis sur un procédé industriel permettant de faire revivre en quelque sorte les téléphones portables à clapet, lorsque l’écran se trouvait d’un côté, et le clavier physique de l’autre.

brevet motorola pliable
L’articulation imaginée par Motorola dans son brevet.

Défi industriel

Le smartphone pliable a un atout par rapport au terminal monobloc et rigide : il occupe un espace compact, ce qui n’est pas anodin à l’heure des appareils dont la diagonale d’écran peut dépasser les 6 pouces — et que les poches des vêtements ne sont pas toujours adaptées à ces appareils. Le public pourrait certes opter plutôt pour des écrans plus petits, mais ce serait au détriment d’un certain confort visuel.

Mais de la théorie à la pratique, il y a un fossé que les constructeurs n’ont pas encore voulu franchir.

Il faut en effet construire une articulation robuste (car cette charnière génère une certaine fragilité) qui, de fait, ajoute de la complexité pour l’assemblage du smartphone. Il faut par ailleurs que la technologie d’affichage tolère cette contrainte physique et, qu’une fois déplié, aucune marque, aucune démarcation ne soit visible à l’écran. L’affichage doit être aussi net que sur un smartphone standard.

Vu le manque d’empressement manifeste de l’industrie pour fabriquer ces appareils, alors qu’elle a déposé et obtenu plusieurs brevets protégeant leur procédé industriel, on peut se demander si Motorola va sortir quoi que ce soit. Peut-être n’est-ce qu’un dépôt visant à se doter d’un titre au cas où, si jamais le marché se mettait à réagir favorablement. D’ici là, ça occupe ses départements R&D et juridique.

Article publié initialement le 23 août 2018

Partager sur les réseaux sociaux