Unity veut passer de l’assistance au développement à la génération complète de jeux. Son PDG a annoncé une mise à jour de Unity AI capable de créer des casual games jouables à partir d’une simple description en langage naturel.

Après les démonstrations spectaculaires de Google, capable de générer des univers jouables à partir d’une simple description, la création automatisée de jeux vidéo change d’échelle. Cette fois, il ne s’agit plus d’un prototype de laboratoire, mais d’un outil intégré à l’un des moteurs les plus utilisés de l’industrie : Unity.

Le 11 février 2026, lors de la présentation des résultats du quatrième trimestre 2025, son PDG Matthew Bromberg a annoncé une nouvelle version de Unity AI capable de « créer des jeux casuals complets » uniquement à partir de langage naturel (via Game Developer). L’ambition est claire : transformer quelques phrases en un jeu jouable, avec une boucle de gameplay fonctionnelle.

Prévue pour une première bêta à la Game Developers Conference en mars, la solution promet des résultats « plus efficaces et performants que les modèles généralistes utilisés seuls ». L’outil ciblera d’abord les jeux casuals — puzzles, petits platformers ou expériences simples — sans prétention AAA, mais suffisamment aboutis pour constituer des produits exploitables.

Après la crise provoquée par la controversée « taxe à l’installation », Unity semble vouloir renouer avec sa base en misant sur l’accessibilité et la simplification de la création.

Comment pourra-t-on créer un jeu vidéo sur Unity sans coder ?

Pour rappel, Unity est un moteur de jeu et un environnement de développement permettant de créer des jeux vidéo et applications interactives 2D, 3D, VR et AR, puis de les déployer sur de nombreuses plateformes (mobile, PC, consoles, web, etc.). Des titres comme Genshin Impact ou Hollow Knight ont été développés avec celui-ci.

Hollow Knight // Source : Capture PS5
Hollow Knight // Source : Capture PS5

Unity AI regroupe quant à lui plusieurs outils d’IA générative et agentique (assistant conversationnel, générateurs d’assets, moteur d’inférence…) intégrés directement dans l’éditeur. L’idée : automatiser certaines tâches de développement — écriture de code, création d’assets, configuration de scènes — à partir de texte ou d’actions guidées.

Concrètement, l’assistant s’appuie sur des grands modèles de langage (LLM) de la famille GPT via Azure OpenAI Services, ainsi que sur des modèles Llama de Meta. Il peut générer du code C#, corriger des erreurs, produire des sprites (l’image d’un objet) et textures, parfois des modèles 3D ou animations, et configurer des comportements de base à partir d’une description textuelle. Le développeur reste dans l’éditeur Unity, saisit un prompt, et reçoit des scripts ou éléments de scène prêts à être intégrés puis modifiés.

La mise à jour annoncée pour 2026 ajoute une couche dite d’« AI-driven authoring » capable non plus de produire des fragments, mais de générer une structure de jeu entière : scènes, objets, logique de gameplay, interface utilisateur basique, boucle de jeu fonctionnelle. Autrement dit, passer d’une description à un prototype jouable complet. L’objectif est de réduire drastiquement le temps entre l’idée et le prototype : transformer un concept en expérience interactive en quelques minutes, puis laisser l’équipe affiner, corriger et optimiser.

Une démocratisation… sous conditions

La promesse peut séduire plusieurs profils. Un débutant pourrait créer un petit jeu casual sans maîtriser C# ni l’architecture interne du moteur, en partant d’un projet généré automatiquement puis en l’ajustant. Pour des développeurs expérimentés, le gain se situe surtout du côté du prototypage rapide et des tâches répétitives, libérant du temps pour le gameplay fin et l’équilibrage.

Pour les studios, l’intérêt est stratégique : accélérer les boucles d’itération, tester davantage de concepts, réduire le temps de préproduction. À terme, cela pourrait modifier la manière dont sont validées les idées, en passant plus vite par des versions jouables plutôt que par des documents de design.
Mais plusieurs inconnues demeurent. La profondeur de gameplay, la cohérence, la qualité visuelle et sonore ou encore la stabilité technique (bugs, collisions, navigation) dépendront fortement de la maturité des modèles. Un prototype jouable ne garantit pas une expérience aboutie.

S’ajoutent également les débats déjà familiers autour de l’IA générative : provenance des données d’entraînement, droits d’auteur sur les assets produits, modération des contenus générés. Autant de points qui restent partiellement clarifiés et qui pourraient peser sur l’adoption à grande échelle.

Malgré ces incertitudes, Matthew Bromberg affirme qu’Unity AI va « démocratiser » le développement de jeux pour les non-programmeurs tout en augmentant la productivité des utilisateurs actuels. Il suggère même que des dizaines de millions de personnes supplémentaires pourraient, à terme, créer des divertissements interactifs grâce à ces outils.

Si l’entreprise affiche des ambitions avant-gardistes, difficile de ne pas interpréter cette annonce comme une tentative de reprise en main après le trou d’air provoqué par l’arrivée de Genie 3, l’IA de Google capable de générer des environnements 3D jouables et qui avait entraîné une chute de près de 20 % de l’action d’Unity. Rendez-vous en mars, donc.








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