Facebook veut que vous puissiez parler de tout et de rien avec un chatbot. Son laboratoire spécialisé dans l'IA a cherché comment donner à un bot la faculté de bavarder : il faut donner une personnalité à cet outil, préconisent les chercheurs.

L’art du « small talk », consistant à entamer une conversation sur un sujet anodin en toutes circonstances — autrement dit, à parler pour ne pas dire grand-chose — est-il imitable par les chatbots ? Chez Facebook, des chercheurs du laboratoire spécialisé dans l’intelligence artificielle (FAIR) y travaillent.

Malgré le point final récemment apporté à son projet d’assistant personnel, le réseau social n’abandonne pas les chatbots et prévoie d’en intégrer un supplémentaire à ceux officiant déjà sur sa messagerie. Cet outil aurait une mission qui reflète le sens même du mot « chatbot », puisqu’il serait capable de faire la conversation à son interlocuteur.

Les chatbots n’ont pas de « personnalité cohérente »

Dans une publication datée du 22 janvier 2018, des chercheurs du FAIR expliquent pourquoi les chatbots échouent généralement à mener des conversations anodines connues sous le nom de « small talk ». D’abord, ils observent que ces bots n’ont pas de « personnalité cohérente », ce qui s’explique par le fait qu’ils sont entraînés à mener de nombreuses conversations avec des personnes différentes.

Par ailleurs, les chatbots ne mémorisent pas ce que leurs interlocuteurs leur disent. Enfin, ces outils ne peuvent recourir qu’à des « réponses non spécifiques » lorsqu’ils ne comprennent pas leur interlocuteur — ils se mettent alors à donner des réponses programmées, comme « je ne sais pas ».

Messenger
CC Kārlis Dambrāns

PersonaChat : un bot avec une identité

Pour permettre à un chatbot de pouvoir faire la conversation, le FAIR s’est tourné vers l’apprentissage profond. Plutôt que de programmer des questions et des réponses, les chercheurs ont mobilisé des grands ensembles de données pour entraîner le chatbot à bavarder.

Cette base de données, répondant au nom de PersonaChat, contient au total plus de 160 000 lignes de dialogue. Ce sont en fait des extraits d’échanges entre des internautes, sur la plateforme Amazon Mechanical Turk. Chacun des participants a été invité à créer son propre personnage, avec cinq phrases qui résument son identité. Pour l’un d’entre eux, les phrases étaient par exemple : « Je suis un artiste. J’ai quatre enfants. J’ai récemment eu un chat. J’aime marcher pour faire de l’exercice. J’aime regarder Game of Thrones ».

Ces éléments ont servi à entraîner le chatbot, afin qu’il parvienne à tenir une conversation plus pertinente avec un humain. Sans tendre encore vers un « small talk » parfait, la conversation entre un humain (Persona 1) et un chatbot (Persona 2) s’est révélée plus fluide.

Conclusion ? Pour permettre aux chatbots d’avoir une véritable conversation, il faudrait leur donner une personnalité, avec des centres d’intérêt. Ce qui supposerait d’établir d’immenses bases de données comme celle regroupée par le FAIR : si l’on tient compte du nombre de chatbots présents sur Facebook Messenger — il y en a plus de 11 000 –, cela représenterait un travail colossal.

Il faudra probablement patienter encore un peu avant de pouvoir parler de la pluie et du beau temps avec un chatbot sur Messenger.

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