L'entreprise avait lancé en 2015 ce qui devait être la version bêta d'une IA apprenant à devenir l'assistant personnel parfait. Le service fermera le 19 janvier, sans avoir jamais été généralisé aux utilisateurs.

Facebook M, c’est fini. Le réseau social a confirmé le 8 janvier au site spécialisé The Verge que son assistant personnel secondé par des humains, « Facebook M », s’arrêtera le 19 janvier, après deux ans et demi de bons et loyaux services. En 2015, à son lancement, M avait été vu comme la réponse de Facebook au Siri d’Apple ou au Cortana de Microsoft. Sa particularité : il s’agissait d’un assistant personnel virtuel, mais entraîné par des humains.

M se présente comme un chatbot intégré au service Messenger : les utilisateurs peuvent discuter avec M dans l’application de messagerie instantanée pour lui poser des questions ou lui demander d’effectuer des tâches à sa place, comme réserver un restaurant ou planifier un événement.

L’IA apprenait en observant les humains

Pour faire marcher M, Facebook a utilisé ses travaux sur les réseaux neuronaux artificiels et sur l’apprentissage par les ordinateurs. L’intelligence artificielle (IA) à la base du service est secondée par une équipe d’humains, qui prend donc en charge les demandes que M ne comprend pas et l’IA observe ce que les humains font pour acquérir de nouvelles capacités par l’apprentissage.

La version « améliorée par l’humain » de M n’était toutefois disponible que pour environ 10 000 personnes vivant en Californie, qui, selon Wired, l’utilisaient pour « réserver au restaurant, changer des billets d’avion, envoyer des cadeaux ou attendre avec les services clients ». Au début, Facebook parlait de M comme d’une version bêta qui serait un jour disponible pour les 700 millions d’utilisateurs de Messenger. Cela n’a jamais été le cas. Le service « humain » de M s’arrêtera donc le 19 janvier et les « entraîneurs » de M seront mutés à d’autres postes dans l’entreprise.

Un défi trop complexe ?

Facebook espérait développer une IA qui pourrait réaliser automatiquement toutes les tâches demandées par les utilisateurs. Mais les humains auront été nécessaires jusqu’au bout pour faire fonctionner le service, ce qui a coûté cher à l’entreprise. Selon Wired, une source proche du programme estime de M n’a jamais été au-delà de 30 % d’automatisation.

Les dirigeants du programme M avaient d’ailleurs avoué au printemps dernier à Technology Review que « [le défi était] plus important qu’on ne le pensait ». Facebook n’avait posé aucune limite sur ce que M était censé accomplir, ce qui était peut-être trop demander à une IA alors que la technologie actuelle a encore du mal à comprendre les nuances du langage.

L’abandon de M va-t-il changer la donne pour la stratégie de botification dans laquelle Facebook s’est lancée en 2016 ? L’entreprise a en effet intégré plusieurs milliers de bots conversationnels à son application Messenger, en majorité des bots commerciaux. Mais la firme californienne ne communique pas sur les utilisateurs réels de ces bots. Et, comme le rappelle The Verge, le commerce par bots ne s’est pas vraiment lancé, les utilisateurs leur préférant encore les applications ou les sites web.

« Nous avons lancé ce projet pour apprendre ce dont les gens ont besoin et ce qu’ils attendent d’un assistant »

Mais Facebook ne voit pas la fin du projet M comme un échec total. « Nous avons lancé ce projet pour apprendre ce dont les gens ont besoin et ce qu’ils attendent d’un assistant, et nous avons beaucoup appris », a affirmé Facebook dans un communiqué à The Verge. « Ces éléments très utiles seront utilisés pour d’autres projets d’intelligence artificielle développés par Facebook. Nous sommes toujours heureux des performances des suggestions de M dans Messenger, qui fonctionnent grâce à ce que nous avons appris de cette expérience. »

En effet, si l’assistant personnel n’a jamais été généralisé, il est possible depuis quelques temps de recevoir des suggestions automatiques de M lorsqu’on utilise Messenger, normalement améliorées par ce que l’IA a appris en deux ans et demi.

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