Depuis la création de Bitcoin, la question de l’identité de Satoshi Nakamoto est devenue un mystère quasi mythologique pour la sphère crypto. Dans une longue enquête parue le 8 avril 2026, Le New York Times revient sur cette énigme, pointant cette fois directement du doigt un visage connu de la communauté : Adam Back, cryptographe britannique, inventeur de Hashcash et fondateur de Blockstream.

L’enquête du New York Times rassemblait tous les ingrédient pour avoir un écho mondial.

Elle s’attaque à une énigme mythique, prise à bras le corps par l’un des journalistes d’investigation les plus reconnus de la planète, notamment pour avoir révélé le scandale Theranos.

John Carreyrou explique avoir commencé cette enquête après avoir vu la réaction défensive d’Adam Back sur une série HBO tentant de remonter la piste de Satoshi Nakamoto.

Cette réaction, jugée presque disproportionnée, aurait servi de point de départ à une recherche minutieuse sur l’identité du créateur de Bitcoin.

Sur X, Adam Back a réagi à l'enquête, assurant une nouvelle fois qu'il n'est pas Satochi // Source : Capture d'écran X
Sur X, Adam Back a réagi à l’enquête, assurant une nouvelle fois qu’il n’est pas Satochi // Source : Capture d’écran X

Qui est Adam Back, la cible de l’enquête ?

Au lieu d’explorer plusieurs pistes, l’enquête adopte une autre approche. Elle détaille tous les éléments qui pourraient faire d’Adam Black le fondateur de Bitcoin.

Ce cryptographe de la scène cypherpunk, actif depuis les années 1990 est surtout connu pour avoir inventé Hashcash en 1997, un mécanisme conçu au départ pour limiter le spam dans les emails en imposant un calcul cryptographique aux expéditeurs.

Ce système est aujourd’hui reconnu comme une des briques fondatrices de Bitcoin, puisque le livre blanc de Nakamoto cite explicitement Hashcash comme inspirant le minage de la crypto‑monnaie.

Back a ensuite fondé Blockstream, une société centrée sur la technologie Bitcoin et la chaîne de blocs, et est souvent présenté comme une figure intellectuelle majeure du réseau, même si, jusqu’à présent, il n’a jamais prétendu être Satoshi Nakamoto. Sur le papier, c’est un profil crédible, mais pas forcément incriminant… sauf pour Carreyrou.

Les méthodes d’enquête : mails, tranches de mots et IA

L’enquête repose sur des mails et des archives publiques, notamment une partie de la correspondance de Satoshi avec Martti Malmi, un programmeur finlandais proche du projet dès ses débuts, exhumée lors d’un procès contre un imposteur. Ces échanges montrent comment Adam Back interagit avec le créateur de Bitcoin dans les premiers temps, avant que le projet ne devienne public.

Au‑delà des témoignages, John Carreyrou s’intéresse aux petites habitudes d’écriture de Satoshi. Pour cela, il utilise le guide de style du New York Times comme référence pour savoir comment doivent (ou non) être mis les traits d’union en anglais. Il intègre ensuite ces règles dans un modèle d’intelligence artificielle, qui apprend à distinguer « bonne » et « mauvaise » césure.

A la fin de l'enquête, Adam Back devient le suspect le plus crédible // Source : Capture d'écran New York Times
A la fin de l’enquête, Adam Back devient le suspect le plus crédible // Source : Capture d’écran New York Times

Ce modèle analyse alors tous les textes de Satoshi et repère 325 erreurs répétées sur les traits d’union, soit une véritable fiche signalétique typographique. Quand on compare ces erreurs aux écrits de centaines de suspects, Adam Back en partage 67 exactement identiques, contre 38 seulement pour le deuxième plus proche.

En croisant ensuite d’autres tics, deux espaces entre les phrases, orthographe britannique, confusion entre it’s et its, le mot also en fin de phrase, ou encore la façon de traiter des termes comme bug correctionmidway ou double spend, Back finit par être le seul à reproduire l’ensemble de ces particularités.

Un « lapsus »… mais l’absence de preuve définitive

Autre élément étayant la piste : une interview en Salvador où John Carreyrou a pu interroger Adam Back au sujet d’une citation de Satoshi : « Je suis meilleurs avec le code qu’avec les mots.» Le cryptographe répond alors : « J’ai pourtant beaucoup bavardé sur ces listes », une phrase qui, pour l’enquêteur, ressemble à un lapsus désignant le passé de Satoshi, comme si Back parlait de lui‑même.

Bien sûr, Back ne concède rien et affirme qu’il n’est pas le créateur de Bitcoin. Comme le soulignent nos confrères de Frandroid, un tel aveu serait quasi impossible tant les enjeux sont colossaux : Satoshi détiendrait environ 1,1 million de bitcoins, soit autour de 118 milliards de dollars à la valorisation actuelle. Si Back admettait être Satoshi, il deviendrait une cible financière, politique et médiatique immédiate.

Enfin, sur le plan business, il dirige Blockstream, une société largement financée par Wall Street et des investisseurs institutionnels, qui exige transparence et gouvernance. Un portefeuille de cette ampleur resterait difficile à dissimuler sans risque pour ses partenaires.

Concrètement, le papier du New York Times s’apparente moins à une attribution formelle qu’à l’état des lieux d’une piste particulièrement solide. Sans mouvement de fonds depuis le tout premier bloc miné, la preuve absolue manque encore. Mais, pour la première fois, Adam Back apparaît comme le candidat le plus cohérent dans la longue liste de prétendants à l’identité de Satoshi Nakamoto.

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