Nous sommes le 22 avril 2026, à 6 h 55 du matin, 15 milles nautiques au nord-est d’Oman : le cargo Epaminondas, battant pavillon libérien et appartenant à une entreprise grecque, pénètre le détroit d’Ormuz avant d’essuyer subitement des tirs iraniens.
Pourtant les équipes à bord l’assurent : ils avaient reçu l’autorisation formelle de franchir le détroit. L’équipage, sain et sauf, bat en retraite et fait vérifier le message, qui s’avère frauduleux.
Un incident qui n’est pas isolé. Le premier avertissement concernant cette escroquerie avait été lancé deux jours plus tôt, le 20 avril, par MARISKS, une société grecque de gestion des risques maritimes. L’entreprise avait alerté les armateurs que des escrocs se faisant passer pour des autorités iraniennes contactaient des compagnies maritimes pour exiger le paiement de « frais de transit » en bitcoins ou en tethers.



Un passage en l’échange de cryptomonaies
La fraude repose évidemment sur le contexte dans lequel évoluent les armateurs en ce moment. Depuis le début de l’opération Fury israélo-américaine, l’Iran a pris le contrôle du détroit d’Ormuz, voie de navigation essentielle par laquelle transitent habituellement un cinquième des approvisionnements mondiaux en pétrole et en gaz naturel liquéfié.
Les autorités iraniennes exigent désormais des paiements en cryptomonnaie de la part des pétroliers souhaitant emprunter le détroit, et imposent aux navires de longer les côtes iraniennes pour y être inspectés.
C’est dans ce contexte tendu que la première escroquerie à la fausse autorisation de passage a été relevée, durant une brève fenêtre où l’Iran affirmait autoriser les navires à se soumettre à une inspection préalable.
Détroit du chaos
Encore aujourd’hui, le trafic maritime dans le détroit d’Ormuz est pratiquement à l’arrêt. Environ 2 000 navires et 20 000 marins sont toujours bloqués à proximité.
Ce risque d’arnaques vient s’ajouter au climat de peur qui paralyse déjà la navigation dans la zone. Les grandes compagnies maritimes hésitent à risquer leurs actifs depuis que les forces iraniennes ont multiplié les attaques dans et autour du détroit. Selon l’UK Maritime Trade Operations, organisme de sécurité maritime parrainé par la Royal Navy britannique, les marins ont signalé 22 attaques confirmées et 13 activités suspectes.
La situation s’est encore compliquée depuis que la marine américaine a instauré son propre blocus le 13 avril, ciblant les navires entrant ou sortant des ports iraniens. C’est précisément cette confusion que les escrocs ont su exploiter, dans un environnement où un faux message d’autorisation devient difficile à distinguer du vrai.
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