Un immense gâchis. Voilà sans doute ce qui a dû traverser l’esprit de certains officiers ukrainiens dépêchés par Kiev dans le golfe Persique, dans le but d’aider les pays de la région à faire face aux tirs de drones iraniens. Car, à en croire un récent article de The Times le 18 mars 2026, les experts en lutte anti-drones ont eu vent de quelques « horreurs » en matière de lutte anti-aérienne.
En particulier, raconte le quotidien britannique, des pays du Golfe ont été amenés à tirer jusqu’à huit missiles intercepteurs Patriot pour abattre une seule et même cible (sa nature exacte n’est pas précisée). Les nations en question ne sont pas mentionnées, mais il est rapporté la « stupéfaction » d’un des spécialistes ukrainiens ayant eu vent de cette histoire.

Une facture très salée pour la lutte anti-drones
Depuis le déclenchement de l’offensive conjointe entre Israël et les États-Unis, le 28 février 2026, l’Iran a opté pour une stratégie visant à étendre la conflictualité à une échelle régionale. Des pays comme l’Arabie saoudite, l’Azerbaïdjan, Bahreïn, Chypre, les Émirats arabes unis, le Koweït, Oman, le Qatar, le Liban, l’Irak et la Turquie ont été confrontés à des tirs.
Face à ces tirs de missiles et de drones à bas coût, les États du Golfe ont essentiellement mobilisé des avions de chasse et des systèmes de défense sol-air. Le problème, c’est le facteur prix. Un drone ne coûte que quelques milliers ou dizaines de milliers de dollars. Un missile d’interception dépasse allègrement le million de dollars, voire davantage.
La facture finale est alors sévère : dans le cas de cette fameuse salve de huit missiles Patriot, facturés autour de 3 millions de dollars l’unité, on arrive à une douloureuse de plus de 24 millions de dollars pour une seule menace. En face, un drone kamikaze de type Shahed, que l’Iran produit justement et utilise dans cette guerre (et exporte au profit de la Russie), avoisine les 70 000 dollars à la production.

Pour les instructeurs dépêchés par Kiev, il y a de quoi être choqué. « Je ne comprends pas ce qu’ils ont fait, ni ce qu’ils ont regardé pendant les quatre années où nous nous sommes battus », a tancé un officier ukrainien dans les colonnes du Times, face à ces tirs jugés irréfléchis. L’Ukraine, depuis 2022, a abattu plus de 44 000 drones adverses, en optimisant sa défense.
Selon Volodymyr Zelensky, qui a fait un point d’étape le 17 mars, il y a à ce jour 201 experts ukrainiens qui ont été déployés au Moyen-Orient. Et 34 autres qui peuvent être déployés en renfort. Sont notamment concernés les Émirats arabes unis, le Qatar, l’Arabie saoudite, le Koweït et aussi, indirectement, les USA, aussi pris de cours par la guerre des drones.
« Ce sont des experts militaires, des experts qui savent comment apporter leur aide, comment se défendre contre les drones terroristes », a commenté le président ukrainien. « Je ne pense pas que quiconque souhaite se priver de la force et des capacités éprouvées par la guerre de l’Ukraine. Ce serait une erreur. »
Compte tenu de la défense dispendieuse actuellement suivie par les pays du Golfe, l’expertise ukrainienne ne sera sans doute pas de trop.
+ rapide, + pratique, + exclusif
Zéro publicité, fonctions avancées de lecture, articles résumés par l'I.A, contenus exclusifs et plus encore.
Découvrez les nombreux avantages de Numerama+.
Vous avez lu 0 articles sur Numerama ce mois-ci
Tout le monde n'a pas les moyens de payer pour l'information.
C'est pourquoi nous maintenons notre journalisme ouvert à tous.
Mais si vous le pouvez,
voici trois bonnes raisons de soutenir notre travail :
- 1 Numerama+ contribue à offrir une expérience gratuite à tous les lecteurs de Numerama.
- 2 Vous profiterez d'une lecture sans publicité, de nombreuses fonctions avancées de lecture et des contenus exclusifs.
- 3 Aider Numerama dans sa mission : comprendre le présent pour anticiper l'avenir.
Si vous croyez en un web gratuit et à une information de qualité accessible au plus grand nombre, rejoignez Numerama+.
Toute l'actu tech en un clin d'œil
Ajoutez Numerama à votre écran d'accueil et restez connectés au futur !
Pour ne rien manquer de l’actualité, suivez Numerama sur Google !













