L’un des segments du miroir de James Webb a reçu l’impact d’un micrométéoroïde. La mission de l’observatoire de la Nasa n’est pas en danger. Mais il faut s’attendre à ce que de tels impacts se reproduisent.

Un impact s’est produit sur le grand miroir du télescope spatial James Webb (JWST), à 1,5 million de kilomètres de notre planète. Un micrométéoroïde (une petite particule de matière évoluant dans l’espace) est venu heurter l’un des segments du miroir primaire, a annoncé la Nasa le 8 juin 2022. « Pas d’inquiétude : Webb continue à fonctionner à un niveau qui dépasse toutes les exigences de la mission », a également tenu à rassurer l’agence spatiale.

Le choc de cet objet de la taille d’une poussière est survenu entre le 23 et le 25 mai. La Nasa a alors mené de premières analyses pour vérifier si l’impact avait eu des conséquences sur son observatoire. Pour l’instant, elle a repéré « un effet marginalement détectable dans les données » du JWST, qui n’est pas préjudiciable pour la mission. Des examens plus approfondis sont toujours en cours.

De tels impacts sur James Webb se reproduiront

Ce genre d’impact n’est pas si surprenant. Ce n’est d’ailleurs pas le premier que James Webb connait dans l’espace : quatre impacts (plus modestes que le dernier) s’étaient déjà produits depuis le lancement en décembre 2021. Comme l’explique l’agence spatiale, « les frappes de micrométéoroïdes sont un aspect inévitable de l’exploitation de n’importe quel vaisseau spatial ». Ces chocs ont été anticipés lorsque James Webb et ses miroirs ont été construits et conçus, avec des simulations et des tests d’impact réels. La Nasa précise toutefois que l’impact survenu en mai « était plus important que ce qui avait été modélisé et de ce que l’équipe avait pu tester sur le terrain ».

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Le télescope a été soigneusement testé avant son lancement. // Source : Flickr/CC/NASA/Chris Gunn (photo recadrée)

On peut s’attendre à ce qu’il y en ait d’autres pendant la mission de l’observatoire. « Les impacts continueront à se produire tout au long de la vie de Webb dans l’espace », confirme la Nasa. La manière dont a été conçu le JWST est un avantage pour faire face aux problèmes liés à de tels chocs. Le télescope est capable d’ajuster la position des segments qui composent son miroir, ce qui peut permettre de corriger partiellement les conséquences d’un impact de micrométéoroïde sur l’un des segments. « Cela minimise l’effet d’un impact, même s’il n’est pas possible d’empêcher toute la dégradation de cette façon », détaille l’agence spatiale.

Par ailleurs, il est possible de réaliser des manœuvres pour protéger les éléments optiques de James Webb, en cas de pluies de micrométéoroïdes qui ont pu être anticipées. L’impact survenu en mai ne correspondait cependant pas à ce scénario, ce qui mène la Nasa à conclure qu’il s’agissait d’ « un événement fortuit inévitable » — c’était vraisemblablement un objet isolé, difficile à repérer plus tôt.

L’événement n’a pas d’impact sur la suite du programme. La Nasa continue de vérifier les instruments qui se trouvent à bord de James Webb. Les toutes premières images scientifiques de l’observatoire seront normalement présentées le 12 juillet.