La mission conduite par Astra en février a échoué. Un mois plus tard, un examen a permis de déceler deux problèmes qui ont provoqué le mauvais comportement de la fusée en vol.

C’était il y a un mois. La toute jeune entreprise Astra devait mener une mission pour le compte de l’agence spatiale américaine. L’objectif ? Déployer en orbite des cubesats, c’est-à-dire des petits satellites pas beaucoup plus grands qu’une boîte à chaussures. Et pour cela, c’est une fusée de sa conception qui devrait assurer la navette jusque dans l’espace.

Le tir s’est avéré être un échec. Une anomalie a empêché de délivrer la charge utile à l’altitude voulue. À l’époque, les causes profondes de la défaillance demeuraient un mystère. Mais dans un point de situation le 6 mars, Astra a fait savoir que le cœur du souci a été identifié et résolu, afin qu’il ne puisse plus se déclencher quand surviendront les prochaines missions.

Un erreur de conception et un bug logiciel

Dans sa synthèse, Astra fait savoir que « la coiffe de la charge utile ne s’est pas entièrement déployée avant l’allumage de l’étage supérieur, en raison d’un problème électrique. Les mécanismes de séparation ont été mis à feu dans un ordre incorrect, ce qui a entraîné un mouvement non conforme de carénage qui a provoqué une déconnexion électrique. »

Ces mécanismes de séparation sont au nombre de cinq. Du fait d’une séquence de déclenchement incorrecte, et de la coupure électrique qui en a résulté, « le dernier mécanisme de séparation n’a jamais reçu sa commande d’ouverture, ce qui a empêché le carénage de se séparer complètement avant l’allumage de l’étage supérieur », ajoute la société.

Astra
Une fusée Astra sur le pas de tir. // Source : Astra

Ces constats faits, Astra a cherché ce qui a pu engendrer cette anomalie. Deux problèmes ont alors été découverts : d’abord, un problème dans un dessin technique portant sur un harnais électrique. S’il a été construit correctement et installé comme il se doit, une erreur non décelée a eu pour effet de provoquer l’interversion entre deux composants.

Et à cela s’est ajoutée une autre trouvaille, au niveau du logiciel cette fois. Ce bug a empêché le moteur de l’étage supérieur d’utiliser son système de contrôle du vecteur de poussée. « Ce mode de défaillance a entraîné la culbute du véhicule après la séparation anormale de l’étage, et a provoqué la fin de la mission », résume Astra. Des mises à jour ont depuis été mises en place.

Il ne reste plus qu’à voir si tous ces correctifs permettront au prochain vol de bien se passer. Le verdict devrait survenir bientôt, avec la mission suivante, LV0009.