La Nasa fournit une page qui indique où en est le télescope spatial James Webb par rapport à sa destination.

Voilà plus de dix jours que le télescope James Webb file dans l’espace en direction de sa destination, à plus de 1,5 million de kilomètres de la Terre. Sa zone d’arrivée ? Un endroit particulier, appelé le point de Lagrange L2 du système Terre-Soleil. C’est de cet emplacement que l’observatoire étudiera les tréfonds de l’espace, à partir du milieu de l’année 2022.

Ce n’est qu’à la fin du mois de janvier 2022 que James Webb achèvera son périple. Mais s’il lui reste en effet encore une vingtaine de jours de voyage, l’engin s’avère en fait beaucoup plus près du point L2 qu’on ne le pense. Il a déjà accompli deux tiers de la distance entre la Terre et sa destination — 65,91181 % très précisément, à la date de mise à jour de l’article.

Où se trouve James Webb dans l’espace ?

Il est possible de déterminer où se trouve exactement James Webb dans l’espace grâce à une page web dédiée mise en place par l’agence spatiale américaine. Elle présente une frise permettant d’embrasser d’un coup d’œil tout le voyage de James Webb, en choisissant d’observer soit la distance à franchir soit le temps nécessaire pour arriver sur zone.

James Webb
La page renseigne également, en anglais, toutes les étapes intermédiaires du déploiement. // Source : Nasa

D’aucuns pourraient s’étonner qu’il faille encore vingt jours à James Webb pour rejoindre le point de Lagrange L2, et couvrir les ~33 % de trajet restants, alors qu’il n’a mis que onze jours pour parcourir les premiers 66 %. Mais c’est ne pas tenir compte d’une donnée cruciale : la vitesse de croisière de l’observatoire. L’engin ne se déplace pas à une vitesse constante dans l’espace.

La page est fascinante à regarder, car elle est mise à jour en temps réel, avec des compteurs indiquant le kilométrage effectué depuis la Terre, ce qu’il reste à couvrir, la vitesse de déplacement du véhicule, la durée écoulée depuis le lancement et le pourcentage de la distance qui a déjà été accomplie. Mais on a aussi le déroulé des grandes séquences de déploiement de James Webb.

Où en est le déploiement de James Webb ?

À la suite de son décollage, des manœuvres initiales d’ajustement de trajectoire ont eu lieu. C’est à la suite de ces opérations, d’ailleurs, qu’il a pu être constaté la très grande qualité du lancement effectué par la fusée européenne Ariane 5. Le vol a été si maîtrisé qu’il va permettre à James Webb de doubler sa durée de fonctionnement, en lui évitant de solliciter excessivement ses réservoirs.

James Webb
Une vue sur les miroirs segmentés, lors des essais sur Terre. // Source : David Higginbotham/Emmett Given

James Webb a achevé dernièrement la mise en place de son bouclier thermique, qui contient cinq couches pour le protéger au maximum de la lumière solaire. L’écart de température est spectaculaire : du côté exposé au Soleil, la température atteindre 125°C, contre -235°C sur l’autre face. Pour que les instruments fonctionnent à leur plein potentiel, il leur faut une très haute protection.

Maintenant, une nouvelle phase s’ouvre avec la sortie progressive des différents miroirs : le secondaire, à partir du 5 janvier, puis le primaire et enfin la ribambelle de miroirs segmentés qui complètent l’installation. Ces miroirs segmentés, qui forment le miroir primaire sur un diamètre de 6,5 mètres, sont au nombre de 18. Ils sont vus comme l’avenir de l’astronomie spatiale.

Quand James Webb entrera en service ?

Une fois le premier mois passé et une fois le télescope bien positionné à son point d’arrivée, l’engin entrera dans une longue phase d’alignement qui doit durer des mois : il est prévu de le tourner en direction d’une étoile brillante et de maintenir sa visée entre le deuxième et le cinquième mois. Ensuite viendra le temps du calibrage des instruments, pendant un mois.

Galaxie. // Source : Unplash/Shot by Cerqueira (image recadrée)
Le futur terrain de jeu de James Webb. // Source : Cerqueira

Ce n’est qu’après ces six premiers mois que le déploiement sera achevé. La partie scientifique de la mission pourra vraiment démarrer, surtout dans l’infrarouge. Les astronomes pourront enfin découvrir les capacités du télescope, plus étendues que celles de Hubble, grâce en particulier à la taille de son immense miroir, dont la conception et la géométrie sont tout à fait innovantes.

Compte tenu de l’extrême éloignement qu’il y aura entre James Webb et la Terre, on ne verra plus jamais l’observatoire — il ne sera pas possible d’envoyer une équipe de maintenance pour le réparer. Les seules interventions possibles seront au niveau du logiciel, en poussant des correctifs ou en envoyant des instructions pour ajuster le fonctionnement ou le positionnement du télescope.

(mise à jour avec la nouvelle distance parcourue)