La fusion entre la Voie lactée et le courant magellanique pourrait avoir lieu plus tôt que les scientifiques le prévoyaient. Ce pont de matière issu des Petit et Grand Nuages de Magellan serait 5 fois plus proche de la Terre que prévu.

Le courant magellanique, un gigantesque pont de matière provoqué par le passage des Nuages de Magellan dans le voisinage de la Voie lactée, serait cinq fois plus proche de notre galaxie qu’on le croyait. Par conséquent, il pourrait entrer en collision avec la Voie lactée bien plus tôt que prévu. C’est ce qu’avance une équipe de scientifiques dans The Astrophysical Journal Letters. Leur étude, mise en ligne le 8 novembre 2021, a été relayée par l’université du Wisconsin à Madison le 22 novembre.

« Le système magellanique est essentiel à notre compréhension de la formation continue et de l’évolution du Groupe Local [ndlr : un groupe d’une quarantaine de galaxies, dominé par la Voie lactée et Andromède], écrivent les auteurs. Il se compose des deux galaxies naines massives les plus proches de la Voie lactée, les Grand et Petit Nuages de Magellan et du Courant de Magellan, un réseau massif de filaments gazeux trainant derrière les Nuages.  » Ces deux galaxies sont visibles depuis l’hémisphère sud. Leur mouvement autour de la Voie lactée pendant les derniers milliards d’années a contribué à former l’énorme pont de gaz connu sous le nom de courant de Magellan.

Illustration du courant magellanique. // Source : Wikimedia/CC/Dosh overload

Une fusion avec la Voie lactée dans « les 50 millions d’années à venir »

Dans cette étude, les scientifiques ont développé de nouveaux modèles astronomiques, afin d’étudier la manière dont s’est formé le courant sur les 3,5 derniers milliards d’années. D’après leurs données, le flux gazeux serait cinq fois plus proche de notre planète, par rapport à ce que l’on imaginait jusque là. Résultat : «  le Courant pourrait même entrer directement en collision avec le disque de la Voie lactée dans les 50 millions d’années à venir », concluent les chercheurs. Ce travail pourrait aussi aider à identifier plus précisément l’emplacement des étoiles du courant magellanique. Ces étoiles ont vraisemblablement été dérobées à leurs galaxies d’origine.

L’an dernier, les auteurs avaient déjà établi que le courant devait être enveloppé par une couronne de gaz chaud. En ajoutant cette structure à leurs simulations, ils parviennent désormais à reconstituer une nouvelle évolution pour les deux galaxies naines, les Grand et Petit Nuages de Magellan. Au moment de leur capture par la Voie lactée, le Petit Nuage aurait orbité autour du Grand dans la direction opposée à ce que l’on croyait. Cette orbite aurait étiré le Courant en direction de la Terre (plutôt que loin dans l’espace). Le courant magellanique pourrait ainsi, au plus proche de la Terre, se situer à seulement 65 000 années-lumière.

Si le courant est plus proche que prévu, cela n’a pas seulement une implication pour la date à laquelle il commencera sa fusion avec la Voie lactée. Sa masse pourrait être bien plus faible que ce que l’on soupçonnait — un cinquième de la masse prévue.

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