Une étoile a été observée près du centre de la Voie lactée, en train de perdre 97 % de son éclat pendant un certain temps. Une équipe d'astronomes s'intéresse à cet événement, qui laisse soupçonner que cette étoile clignotante aurait pu être éclipsée.

Des astronomes ont constaté le comportement quelque peu étonnant d’une étoile, située vers le centre de la Voie lactée, à plus de 25 000 années-lumière de nous. L’objet céleste, baptisé VVV-MIT-08, déjà connu des scientifiques, paraît connaître des baisses de luminosité importante, comme s’il clignotait.

« Nous rapportons la découverte fortuite d’une étoile géante de type tardif qui a présenté une baisse de flux comparable à une éclipse jusqu’à une profondeur de 97 % », écrivent-ils dans une étude, publiée le 11  juin dans Monthly Notices of the Royal Astronomical Society (accessible en version prépubliée) et relayée dans un communiqué de l’université de Cambridge. Ce dernier mentionne que la luminosité de l’astre diminuait de telle sorte qu’il semblait presque « disparaître du ciel ».

On sait que beaucoup d’étoiles présentent des variations de luminosité, soit parce qu’elles pulsent, ou bien parce qu’elles évoluent dans un système binaire et sont régulièrement éclipsées par leur compagnon. Néanmoins, il est plus inhabituel d’observer une étoile dont l’éclat diminue pendant plusieurs mois, avant de revenir.

Vue d’artiste de l’étoile VVV-WIT-08 éclipsée. // Source : Amanda Smith (image recadrée)

Peut-être une « géante clignotante » ?

« Le comportement de la courbe de lumière de VVV-WIT-08 ne correspond à aucune variabilité stellaire intrinsèque connue, détaillent les auteurs dans les conclusions de l’étude. Il s’agit presque certainement d’une occultation de l’étoile géante. » Les chercheurs soupçonnent que VVV-MIT-08 pourrait faire partie d’une catégorie d’étoiles binaires dites « géantes clignotantes » : dans cette configuration, une étoile 100 fois plus grande que le Soleil serait éclipsée régulièrement (suivant un rythme de plusieurs décennies), par un compagnon — pour l’instant resté invisible. Cet objet compagnon est simplement décrit comme « sombre, grand et allongé » par Sergey Koposov, de l’université à Édimbourg, co-auteur de l’étude.

L’étoile étudiée ici a été découverte dans le cadre du VISTA Variables in the Via Lactea – The VVV Survey, un relevé de la Voie lactée mené à l’aide du télescope VISTA de l’observatoire européen austral (ESO), installé au Chili. La baisse de luminosité perçue de l’étoile a aussi pu être vue grâce au projet d’astronomie Optical Gravitational Lensing de l’université de Varsovie. Le minimum de luminosité a été enregistré en avril 2012, avec un événement d’une durée totale d’environ 100 jours. « Au cours des 17 années de suivi des observations de cette source, un seul événement de ce type a été détecté », mentionnent les auteurs dans l’étude. Selon eux, un scénario dans lequel l’étoile aurait été occultée par le passage aléatoire d’un objet au premier plan semble peu probable.

D’autres cas similaires

Comme l’explique l’université de Cambridge, on sait qu’un autre système stellaire comparable existe depuis longtemps. Il s’agit de Epsilon Aurigae, une étoile binaire à éclipse située à une distance d’environ 2 000 années-lumière. Tous les 27 ans, cet astre est partiellement éclipsé par un disque de poussière, avec un assombrissement qui ne dépasse pas 50 %. Il y a aussi TYC 2505-672-1, un système stellaire binaire à éclipse, avec la plus longue période que l’on connaisse, soit 69 ans.

L’analyse plus fine du comportement de VVV-MIT-08 peut inciter à penser qu’on serait face à une nouvelle classe d’étoiles, avec une douzaine de systèmes stellaires potentiels connus. Les astronomes pourraient avoir intérêt à étudier ces possibles « géantes clignotantes », pour s’interroger sur la façon dont de tels objets se sont formés, ou pour déterminer quelle est la nature de leurs compagnons cachés.

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