Des fossiles révèlent la force d'une morsure de jeune T-Rex, et elle est bien plus impressionnante que ce que l'on estimait jusque-là.

Si vous avez déjà été mordu par un chien, vous avez certainement beaucoup souffert. Alors imaginez vous faire mordre par un tyrannosaure !  Une étude parue dans la revue PeerJ estime la puissance de la morsure d’un jeune T-Rex. Et c’est bien supérieur à ce qu’évaluaient les théories précédentes.

Un « ado » tyrannosaure aurait une force autour des 5 641 newtons. C’est plus qu’une hyène, et c’est proche de ce que peut faire un crocodile, l’animal existant à la mâchoire la plus puissante. Cela reste négligeable par rapport à la force d’un T-Rex adulte, autour des 35 000 newtons mais les études antérieures considéraient que ces dinosaures avant leur maturité ne pouvaient dépasser les 4 000 newtons. « Ce n’est pas une mesure exacte, détaillent les  auteurs, mais cela nous donne une idée de la manière dont ces animaux évoluent, et comment leur force grandit de leur jeunesse jusqu’à l’âge adulte. »

Dent de fer et os de bœuf

Mais concrètement, comment évaluer la force de la morsure d’un animal disparu ? Grâce aux fossiles. Les dents de prédateurs aussi puissants peuvent laisser des traces sur les os. Ainsi, un paléontologue de l’université du Wisconsin et un biologiste de l’Université de Californie, se sont intéressés à un os de dinosaure fossilisé, un Edmontosaurus, avec des marques de dents. Une morsure attribuée à un jeune T-Rex de 13 ans.

Modèle de dent du spécimen
Source : Etude PeerJ

A partir de là, ils ont reconstruit une dent similaire à celle que devait posséder ce charmant spécimen, avec un alliage de cobalt et de chrome. Une fois cette dent en métal en leur possession, ils l’ont monté sur un dispositif mécanique et ont testé plusieurs configurations sur un os de bœuf. Il fallait mordre à plusieurs endroits avec des épaisseurs d’os différents, mais aussi tester plusieurs vitesses de morsures et plusieurs forces en jeu. Jusqu’à obtenir exactement la même marque retrouvée sur le fossile.

« Les études précédentes se sont surtout focalisées sur les adultes, déplorent les auteurs. Il y a un fossé à remplir pour mieux comprendre l’évolution et le comportement des T-Rex. » La difficulté tient bien souvent au fait que lorsque des traces de morsures sont retrouvées, il est compliqué de savoir à qui elles appartiennent. Or, concernant les T-Rex, les chercheurs avaient une référence incontestable : une marque de dent sur un crâne de tyrannosaure. Ici, pas de doute possible, à part un autre T-Rex, aucun prédateur n’aurait pu causer ces blessures. Il devait s’agir d’une bagarre pour de la nourriture ou un territoire. Entre ceci et l’os d’Edmontosaurus, ils avaient une idée assez précise de ce à quoi devait ressembler une dent de jeune T-Rex.

C’est la première fois que la force de morsure d’un jeune spécimen est déterminée de cette manière. Cette étude prouve que les T-Rex étaient des animaux extrêmement agressifs, y compris au sein même de leur espèce, et ce assez tôt dans leur jeunesse, avant que la totalité de leurs dents ait poussé.

Une découverte qui a des implications sur l’écosystème de l’époque. Même jeunes, les tyrannosaures devaient jouer un rôle de prédateur majeur dans la chaîne alimentaire durant le crétacé. Les auteurs espèrent trouver d’autres marques provenant d’un T-Rex à différentes époques de sa vie pour trouver de nouvelles pièces d’un puzzle encore très parcellaire.

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