Le laser de l'instrument ChemCam, installé à bord de Curiosity, a été temporairement inutilisé. Après plusieurs mois, ses activités peuvent reprendre. Son rôle est de viser la surface de Mars, pour étudier les gaz qui composent les roches et le sol.

Les équipes scientifiques de la mission du rover Curiosity sur Mars peuvent à nouveau se servir du laser de ChemCam. Le laboratoire national de Los Alamos (LANL) a confirmé le 28 mai 2021 que le laser de l’instrument pouvait fonctionner.

Que s’était-il passé exactement ? Au mois de janvier 2021, les données envoyées au sujet de l’état de santé par l’instrument ChemCam ont montré, explique le laboratoire, « que la haute tension requise pour déclencher le laser n’était pas aussi stable que d’habitude ». ChemCam (pour « CHEMistry CAMera ») est composé d’un laser, d’une caméra et d’un spectrographe qui permettent ensemble d’identifier la composition chimique et minéralogique des roches et des sols explorés par Curiosity sur Mars. Le laser, ainsi que la caméra, se trouve sur le mât du robot (sa « tête »). Il sert à vaporiser les surfaces, en créant un plasma qui renseigne sur les gaz qui composent les roches et le sol.

Pose des thermocapteurs sur l’instrument Chemcam. // Source : CNES/PIRAUD Hervé, 2008 (photo recadrée)

ChemCam fonctionnait depuis que le rover s’était posé sur Mars, en 2012. En janvier 2021, lorsque les données sur l’état de l’instrument ont été obtenues, le laser pouvait toujours tirer normalement et les données qui parvenaient ensuite correspondaient à ce qui était attendu. Néanmoins, il a été décidé d’interrompre les opérations avec le laser pour enquêter sur le problème rencontré. Curiosity a pu continuer à prendre des images et à obtenir des données de spectroscopie malgré cela.

Des tests sur Terre, puis sur Mars

Le suivi de ChemCam est assuré en alternance par le LANL d’un côté, et l’IRAP (Institut de recherche en astrophysique et planétologie) et le CNES (Centre national d’études spatiales) de l’autre. Ce sont justement les équipes responsables du laser en France qui ont mené des tests, sur une pièce électronique quasi identique à celle du rover, pendant plusieurs semaines pour comprendre d’où pouvait provenir cette instabilité. Leurs essais ont montré qu’il n’y avait pas de risque pour le reste de l’instrument ChemCam.

D’autres tests ont été menés directement sur Mars, sur différents modes opérationnels du laser, pour déterminer la meilleure manière de reprendre les activités. « La haute tension reste relativement stable lorsque l’instrument est froid ; le laser continue de tirer normalement et renvoie d’excellentes données scientifiques », résume le LANL. Curiosity va continuer à se servir du laser, mais le nombre d’activités planifiées sera limité pour éviter que les instruments ne chauffent trop.

Jusqu’à présent, ChemCam a tiré plus de 880 000 fois avec son laser, sur 3 000 cibles différentes. D’autres devraient donc s’ajouter prochainement. À l’origine, la mission de Curiosity devait durer une année martienne, soit 22 mois. L’astromobile a largement dépassé cette attente, avec 3 134 sols (le nom du jour sur Mars) cumulés, et 25,15 kilomètres parcourus, à la date du 31 mai 2021.

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