Le dernier survol du Soleil par la sonde Parker lui a permis d'établir un nouveau record de vitesse.

Les records sont faits pour être battus, dit-on. Force est de constater que cet adage se vérifie régulièrement avec la sonde solaire Parker, qui a quitté la Terre au mois d’août 2018 pour se rapprocher comme jamais du Soleil pour l’étudier. Fin avril 2021, l’agence spatiale américaine a déclaré que l’appareil est passé près de l’étoile à une vitesse encore jamais atteinte par un engin fabriqué par l’humanité.

Plus de 147 km… par seconde

La Nasa a ainsi anticipé dès le 28 avril 2021 une vitesse supérieure à 532 000 km/h (soit un peu plus de 147 km/s) pour la sonde Parker, quand elle allait être au périhélie, le 29 avril. Jamais un objet conçu sur Terre n’était allé aussi vite. Le précédent record, qui datait du 21 janvier 2021, a été surclassé de la tête et des épaules, puisqu’il n’était « que » de 466 558 km/h (environ 129 km/s).

Cela faisait un moment que le record de l’objet le plus rapide construit par l’humanité avait été battu très largement par Parker. Preuve en est avec cette publication, le 9 juin 2020 : la Nasa indiquait déjà que l’engin avait établi une nouvelle marque de référence le 29 janvier 2020, lors de sa quatrième orbite, lui permettant d’être tout à la fois l’objet de fabrication humaine le plus proche du Soleil et le plus rapide.

La sonde se sert de Vénus pour ajuster sa direction

Ces vitesses croissantes sont obtenues par assistance gravitationnelle. La sonde se sert en effet de Vénus pour ajuster sa direction et sa célérité par rapport au Soleil. Ainsi, à chaque survol du Soleil, Parker repasse à proximité de la planète. La manœuvre est calquée sur le principe de la fronde : Parker est en quelque sorte le projectile qui est propulsé à haute vitesse après une rotation.

Avec ce nouveau périhélie — le point sur l’orbite d’un objet (ici, Parker) où sa distance par rapport au Soleil est la plus petite –, la Nasa boucle sa 8e orbite autour de l’étoile. 18 autres survols sont prévus d’ici 2025, date à laquelle la mission de la sonde solaire doit prendre fin. Ce record ne durera donc pas. En particulier, il est attendu une vitesse de pointe de 691 200 km/h en 2024 et 2025, soit 192 km/s.

La sonde solaire Parker. // Source : NASA/Johns Hopkins APL/Steve Gribben

En apparence extraordinaires, ces vitesses sont en fait dérisoires à l’échelle cosmique et suggèrent que l’humanité ne quittera vraisemblablement jamais le Système solaire. À titre d’exemple, il a été estimé que pour rallier Alpha du Centaure, le système stellaire le plus proche de la Terre, qui est situé à 4,37 années-lumière il faudrait des milliers, voire des dizaines de milliers d’années.

Avec Helios 2, qui fut un temps l’objet terrestre le plus rapide, le voyage prendrait 18 000 ans avec une vitesse de pointe de 70,2 km/s — pas moins de 600 générations passeraient dans le vaisseau spatial avant qu’il arrive à bon port. Même en allant deux fois plus vite, en prenant la vitesse de référence Parker (un peu plus de 147 km/s), il faudrait encore 9 000 ans. Et l’on ne parle ici que du voyage aller.

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