La sonde OSIRIS-REx a survolé une dernière fois l'astéroïde Bennu. La Nasa a ainsi pu obtenir de nouvelles images du site où avait été prélevé un échantillon en octobre. La surface de l'objet a nettement été perturbée par ce contact.

OSIRIS-REx a laissé la trace de son passage sur l’astéroïde Bennu. Lors de son ultime survol de l’objet céleste, la sonde de la Nasa a pu observer comment le site du prélèvement de l’échantillon avait été modifié. De nouvelles images ont été diffusées par la Nasa le 15 avril 2021.

À l’origine, ce dernier rapprochement avec l’astéroïde ne figurait pas au programme de la mission. L’agence spatiale a finalement décidé d’ajouter cette étape, qui a eu lieu le 7 avril. Ainsi, la Nasa escomptait obtenir de nouvelles photos de Nightingale, le site de prélèvement de l’échantillon survenu le 20 octobre. L’intérêt est de pouvoir comparer ces clichés à d’autres, pris avant la manœuvre de contact avec Bennu.

Avant Après

Un « Touch-and-Go » qui a laissé des traces

Lors de ce dernier rapprochement, la sonde spatiale s’est trouvée à moins de 3,7 kilomètres de la surface de l’astéroïde. Elle n’en avait pas été aussi proche depuis son « Touch-and-Go » (TAG), la manœuvre de collecte de l’échantillon, en octobre. Lors de ce « TAG », la tête d’échantillonnage de la sonde s’est enfoncée à 48,8 centimètres sous la surface de Bennu, envoyant de l’azote sous forme gazeuse pour remuer le matériau.

C’est ainsi qu’un morceau a pu être collecté par la sonde. Il était d’ailleurs si imposant qu’une partie était en train de s’échapper dans l’espace. Heureusement, OSIRIS-REx a pu rapidement mettre son prélèvement en sécurité. Désormais, la comparaison des images avant/après permet de voir de façon assez claire les perturbations engendrées à la surface de Bennu.

Le site de prélèvement sur Bennu, avant/après (la version avec le « X » étant l’après). // Source : NASA’s Goddard Space Flight Center

L’emplacement du site Nightingale est représenté par le « X », tandis que le cercle rouge désigne un rocher qui a clairement été déplacé, à environ 12 mètres de distance selon l’estimation de la Nasa. Après le prélèvement, le site laisse apparaître de grosses roches, vraisemblablement exposées par la manœuvre TAG. Si l’on résume, la surface de Bennu a été perturbée de trois manières différentes :

  • Par l’atterrissage de la sonde,
  • Par la manœuvre de prélèvement de l’échantillon,
  • Et par les propulseurs de la sonde, qui a dû inverser sa trajectoire et s’éloigner de l’astéroïde après avoir recueilli son échantillon.

Afin de permettre la comparaison entre les images, les équipes ont dû prévoir avec précision le moment du survol de Bennu par la sonde. L’astéroïde étant particulièrement rocheux et rugueux, l’apparence de sa surface change en fonction de la manière dont le Soleil l’éclaire. Ainsi, les images ont été prises vers midi, décrit la Nasa, pour avoir peu d’ombres.

Et maintenant ?

OSIRIS-REx doit définitivement quitter le voisinage de Bennu le 10 mai. La sonde entamera alors un long voyage de retour vers la Terre, avec une récupération de l’échantillon le 24 septembre 2023. Il est prévu de larguer la capsule dans le désert de l’Utah. L’échantillon sera distribué dans plusieurs laboratoires du monde, pour permettre aux scientifiques d’étudier grâce à lui l’histoire de la formation du système solaire. La Nasa prévoit de garder 75 % du prélèvement de côté, pour pouvoir l’étudier avec de futures technologies encore plus poussées qui n’existent pas encore.

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