Le Premier ministre Jean Castex a confirmé le couvre-feu renforcé à partir de 18h appliqué à toute la France, à partir du samedi 16 janvier et pour 15 jours au minimum.

Comme chaque semaine, ce 14 janvier 2021, le Premier ministre Jean Castex s’est exprimé lors d’une conférence de presse, en compagnie de plusieurs ministres, afin de faire un point sur la situation épidémique. Plusieurs annonces ont été faites à cette occasion, alors que la circulation du coronavirus SARS-CoV-2 stagne à un haut plateau, en cette mi-janvier, et que les variants anglais et sud-africains sont présents en France, et surveillés par les autorités sanitaires.

Le couvre-feu à 18h

Depuis début janvier 2021, plusieurs départements en situation de tension font face à un couvre-feu étendu à 18h. Il semblait de plus en plus évident que cette mesure allait être étendue à tout le territoire, le gouvernement l’ayant laissé entendre dans la journée.

Le Premier ministre a confirmé officiellement l’adoption nationale de ce couvre-feu généralisé à 18h, à partir du samedi 16 janvier, pour 15 jours au moins.

Le couvre-feu est abaissé à 18h sur tout le territoire : une mesure sanitaire jugée efficace par le gouvernement. // Source : Capture d’écran Numerama

Ce choix provient du constat apporté par le gouvernement que la hausse des nouveaux cas dans les départements où ce couvre-feu s’applique est deux à trois fois plus faible que dans les autres départements. « Cette logique de couvre-feu obéit à une logique préventive. Elle permet de graduer notre riposte et vise à limiter les contacts sociaux en fin de journée », a précisé Jean Castex pour expliquer la stratégie. Il ne sera pas possible de sortir après 18h pour des motifs personnels, mais les exceptions habituelles se poseront via des attestations.

Tous les lieux ou commerces recevant du public seront également fermés impérativement à partir de 18h. Afin d’éviter les concentrations des clients aux heures ouvrables, Jean Castex souhaite que les commerces ouvrent davantage sur les heures du déjeuner, ainsi que le weekend y compris avec des dérogations pour le dimanche.

Quant à l’éventualité d’un reconfinement, le Premier ministre a estimé que la situation sanitaire ne s’y prête pas encore, relativement au coût humain d’un tel dispositif. En revanche, en cas de « dégradation épidémique forte », un nouveau confinement sera décidé.

Quid des écoles ?

Les écoles sont un sujet de débat entre les considérations épidémiologiques et les considérations politiques. Dans plusieurs pays où les indicateurs sont au plus haut, comme le Royaume-Uni, la décision a été prise de fermer les écoles — le variant étant globalement plus contagieux. En France, elles restent ouvertes, un choix qu’Olivier Véran a justifié par les avis du Conseil scientifique, et même de la Société française pédiatrique. Le Premier ministre a quant à lui renchéri en soulignant la problématique sociale que poserait une telle fermeture. «  Nous souhaitons tout faire » pour éviter une fermeture.

Le protocole va toutefois être renforcé :

  • Renforcement des précautions dans les cantines scolaires : les élèves d’une même classe devront manger ensemble, et la solution de repas à emporter pourra être choisie au cas par cas ;
  • Les activités physiques scolaires et extrascolaires vont être suspendues ;
  • Les capacités de dépistage vont être augmentées (plus d’un million par mois).

Le fonctionnement hybride (distance/présence) est maintenu au-delà du 20 janvier pour les lycées. Concernant les collèges, le mode hybride pourra toujours être choisi au cas par cas, en restant « exceptionnel » selon le ministre de l’Éducation.

Mesures aux frontières

Les conditions d’entrée en France vont être renforcées. Tous les voyageurs qui souhaitent entrer en France en provenance d’un pays extérieur à l’UE, que ce soit par avion ou bateau, devront procéder à un test PCR.

Les mesures aux frontières // Source : Capture d’écran Numerama

L’Europe se réunira le 21 janvier prochain pour statuer des échanges transfrontaliers entre les pays de l’Union. Le but sera de réduire les déplacements transfrontaliers afin de limiter la circulation du virus et notamment des variants.

La situation épidémique

«  Le virus continue de circuler activement, partout en Europe », a rappelé Jean Castex, indiquant que la France a quant à elle été touchée «  de façon violente » par la deuxième vague. Les fêtes de fin d’année ont toutefois été passées sans flambée épidémique grâce à ce que Jean Castex appelle un « comportement responsable ». La situation de l’épidémie en France reste élevée, bien que relativement stable. Les chiffres fluctuent autour de 16 000 contaminations par jour ; et 24 000 personnes hospitalisées. Le virus circule donc activement sur le territoire français.

Le couvre-feu est abaissé à 18h sur tout le territoire : une mesure sanitaire jugée efficace // Source : Capture d’écran Numerama

C’est dans l’ouest de la France que la dynamique est aujourd’hui la plus forte.

Le ministre de la Santé Olivier Véran a quant à lui abordé la question des variants, issus de mutations du coronavirus. « L’ensemble de la communauté scientifique est mobilisée pour aller traquer ce variant partout où il peut être », a-t-il précisé au sujet du variant VOC2020, dit variant anglais. Des dispositifs sont mis en place pour mieux surveiller ces variants.

La stratégie contre les variants // Source : Capture d’écran Numerama

La campagne de vaccination

Jean Castex a indiqué que la campagne vaccinale allait s’accélérer : à partir de fin janvier, le stade d’un million de personnes vaccinées sera franchi. Dès le lundi 18 janvier, la vaccination sera ouverte aux personnes de 75 ans et plus ; et aux personnes présentant l’une des pathologies (cancer, trisomie…) conduisant à un risque d’une forme grave de la maladie, ce qui représente 800 000 Français et Françaises.

Au total, 6,4 millions de personnes sont appelées à se faire vacciner en France à partir de lundi.

La vaccination : qui peut être vacciné ? // Source : Capture d’écran Numerama

À compter du 15 janvier 2021, il sera possible de prendre RDV par internet (sante.fr) ou par téléphone auprès des centres de vaccination. « Tout le monde ne pourra pas trouver un rendez-vous immédiat », a toutefois rappelé le Premier ministre en précisant que tous les pays du monde dépendent des livraisons.

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