Rares sont les événements de supernovae que l'humanité a pu observer à l'œil nu dans notre galaxie. Mais pourquoi n'en a-t-on pas vu davantage ?

Si notre galaxie connait probablement des supernovae plusieurs fois par siècle, pourquoi en observe-t-on si peu souvent ? Une étude, repérée par Universe Today le 6 janvier 2021, prépubliée sur arXiv le 11 décembre, tente d’expliquer pourquoi seules 5 supernovae ont été vues au cours des dernières 1 000 années.

Le phénomène de la supernova correspond au stade avancé de l’évolution d’une étoile massive, qui finit par exploser, ce qui se traduit par un éclat momentanément plus important. « Aucune supernova galactique n’a pas été observée de manière convaincante à l’œil nu depuis la SN 1604 de Kepler [ndlr : la supernova de Kepler en 1604]. Cet écart de 416 ans est décevant et persiste malgré un effort long et productif pour identifier les supernovae dans les archives historiques », soulignent les auteurs de l’étude.

On ignore combien de supernovae ont été manquées

D’ailleurs, des rémanents de supernovae, c’est-à-dire des restes de ces événements, ont pu être observés. Ils permettent ainsi de dire que des phénomènes semblables ont dû se produire après la supernova observée par Kepler. Cassiopée A (représentée sur l’image ouvrant cet article) est un rémanent de supernova qui a dû exploser aux alentours de 1681, estiment les auteurs.

Avec l’avènement de nouvelles techniques et technologies aux 20e et 21e siècles, on peut désormais observer dans des longueurs d’onde invisibles à l’œil humain (infrarouge, radio, gamma), ce qui laisse espérer que les humains pourraient observer la prochaine supernova qui se produira dans la Voie lactée. « Mais la question de savoir combien ont été manquées dans le passé demeure », notent les chercheurs.

Représentation de la supernova de Kepler. // Source : Flickr/CC/NASA’s Marshall Space Flight Center (photo recadrée)

D’après ces scientifiques, le « déficit de supernovae vues à l’œil nu est au moins en partie dû à l’extinction des poussières dans le plan galactique ». Comme le relève Universe Today, l’étude montre qu’il s’agit surtout d’une question de localisation des supernovae, principalement logées dans le disque de la galaxie, étroit et rempli d’étoiles. C’est aussi dans cette zone qu’une grande partie de la poussière se situe. Or, cette poussière peut nous empêcher de percevoir la lumière émise par des objets et des phénomènes célestes (elle absorbe ou diffuse cette lumière).

Quelles chances d’observer à nouveau une supernova ?

Autrement dit, si l’on veut espérer voir une supernova à l’œil nu, il faut qu’elle ait lieu assez proche de nous dans la Voie lactée et que sa lumière puisse nous parvenir. En tenant compte à la fois de la poussière et du champ de vision d’un observateur, les chercheurs ont pu construire un modèle des densités de supernovae, et celui-ci correspondait aux archives historiques que nous possédons sur les événements de supernovae qui ont été observés.

Enfin, les auteurs proposent une estimation de nos chances d’observer une supernova à l’œil nu à l’avenir : ils estiment que nous avons 33 % de chances de voir la mort d’une étoile massive ainsi que 50 % de chances de voir la fin d’une naine blanche — mais difficile de prévoir quand cela pourrait avoir lieu.

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