Le changement climatique ne fonctionne pas de la même façon la nuit que le jour : cette asymétrie est à l'origine d'un réchauffement plus élevé la nuit.

Le constat apparaît assez logique : le changement climatique, en accroissant les températures de la Terre, a un impact aussi bien en journée que de nuit. Ce qui est toutefois moins intuitif, c’est que cet impact est bien différent quand on est de jour ou de nuit. Cette asymétrie est l’objet d’une étude publiée le 30 septembre 2020 dans Global Change Biology.

Les auteurs de ces travaux de recherche, issus de l’université d’Exeter, ont identifié une différence majeure. Entre 1983 et 2017, la moyenne annuelle du réchauffement des températures était différente de 0,25 degré Celsius entre le jour et la nuit. Et ces 0,25 degré s’appliquent à la nuit : sur plus de la moitié de la surface terrestre, le réchauffement est plus important la nuit que le jour.

Le réchauffement climatique semble être plus rapide de nuit sur une grande partie du globe. // Source : Pixabay

L’explication est à trouver dans la couverture nuageuse, sur laquelle le changement climatique semble avoir une influence, en métamorphosant la façon dont les nuages évoluent. Or, les nuages sont reliés à la conservation de la chaleur. En journée, la couverture nuageuse réfléchit la lumière du Soleil, ce qui protège la surface terrestre presque comme une forme de bouclier, et cela tempère donc la chaleur. Durant la nuit, en revanche c’est l’inverse : la chaleur accumulée au sol ne peut pas s’échapper en dehors de l’atmosphère, puisqu’elle est bloquée par la couverture nuageuse. Plus il fait chaud en journée, plus cette chaleur s’accumule, et les nuits deviennent plus chaudes.

Des implications pour différentes espèces

Une différence de 0,25 degré peut paraître anodine. À l’échelle climatique, elle est pourtant tout sauf anodine. Dans un commentaire de l’étude, l’auteur principal de l’étude, Daniel Cox, explique que « l’asymétrie du réchauffement a des implications potentiellement importantes pour le monde naturel ». Les espèces qui vivent essentiellement durant la nuit subiront ce réchauffement climatique nocturne de plein fouet — en plus de faire face à la pollution lumineuse, qui explique par exemple le déclin des populations de lucioles.

Plus largement, le réchauffement nocturne et le réchauffement diurne n’ont pas le même effet. Le réchauffement diurne, en journée, est à l’origine d’un assèchement de l’environnement, rendant les espèces plus vulnérables en raison du stress thermique et de la déshydratation. Quant au réchauffement nocturne, cela a un impact « sur la croissance des plantes et la façon dont les espèces, telles que les insectes et les mammifères, interagissent ».

L’étude de l’asymétrie jour/nuit du changement climatique est une voie encore relativement nouvelle, et cela pourrait bien ajouter des facteurs importants pour mieux modéliser les projections sur l’avenir environnemental de la planète.

Crédit photo de la une : Pixabay

Partager sur les réseaux sociaux

La suite en vidéo