Des astronomes ont observé quels étaient les effets du changement climatique sur les observations astronomiques menées depuis le Cerro Paranal. La hausse des températures a un impact sur la résolution spatiale des télescopes.

Le changement climatique a des impacts concrets sur les observations astronomiques. Dans une étude publiée le 10 septembre 2020 au sein de la revue Nature Astronomy, et relayée par le CNRS, des scientifiques indiquent pourquoi la hausse des températures est à l’origine de phénomènes nuisibles aux observations du ciel réalisées depuis de grands observatoires terrestres.

Les astronomes prennent l’exemple de l’observatoire du Cerro Paranal, situé dans le désert d’Atacama au nord du Chili. Il s’agit d’un projet européen mené par l’Observatoire européen austral (ESO). La hausse des températures de surface localisée à cet endroit a des conséquences concrètes sur les observations, en dégradant la résolution spatiale (la finesse des détails de l’image) des télescopes.

Au cours de la journée, la température à l’intérieur du dôme qui renferme les télescopes est refroidie, afin d’être la même que celle que l’on enregistre au moment où est ouvert le dôme (lors du coucher du Soleil). Tout l’enjeu est de faire en sorte que la différence entre la température du dôme et celle de l’extérieure soit la plus réduite possible.

Lune et Vénus vues depuis Cerro Paranal. // Source : P. Horálek/ESO (photo recadrée)

Des températures qui dépassent les limites du système

Le système ne peut pas dépasser la température de 16°C. « Avec la hausse de la température à l’emplacement de l’observatoire du Cerro Paranal, de 1,5°C en moyenne au cours des 40 dernières années, cohérente avec le changement climatique anthropique [ndlr : provoqué par l’humain], il y a de plus en plus d’occurrences de températures cibles dépassant les limites actuelles du système de 16°C », écrivent les astronomes. Autrement dit, « la température extérieure est plus chaude que la température intérieure du dôme lors de l’ouverture ». Cette situation est susceptible de dégrader la qualité de l’image en créant un flou.

D’autres phénomènes liés au changement climatique devraient affecter de plus en plus les observations astronomiques. La teneur en vapeur d’eau de l’atmosphère (pour les observations dans l’infrarouge), l’humidité et la couverture nuageuse ne sont pas sans effet sur les instruments astronomiques des grands observatoires.

« Il n’y a pas de planète B »

Avec cette étude, les auteurs espèrent « sensibiliser la communauté astronomique aux effets et conséquences immédiates du changement climatique sur les données astronomiques ». Ils ajoutent qu’il faudrait mener des études ciblées en fonction des différents télescopes, car les sites sur lesquels ils sont installés peuvent avoir un microclimat différent de celui du Cerro Paranal.

Les scientifiques concluent que leur domaine de recherche doit lui-même s’adapter pour limiter les conséquences de ses activités sur l’environnement. « Nous avons l’opportunité, les moyens et la perspective de construire et de suivre des actions concrètes et durables contre les crises climatiques », écrivent les chercheurs en conclusion, ajoutant que les astronomes doivent repenser, si nécessaire, la manière de mener leurs recherches pour minimiser leur empreinte écologique. « Il est primordial que l’astronomie se serve de sa perspective unique pour revendiquer ce simple fait : il n’y a pas de planète B. »

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