Trois scientifiques proposent de rechercher des exoplanètes plus favorables à la vie que la nôtre. Selon eux, il est tout à fait pertinent de se demander s'il y aurait des mondes « superhabitables », même si cette recherche est complexe.

D’autres planètes sont peut-être plus favorables à la vie que la nôtre. Dans une étude présentée le 5 octobre 2020, publiée dans Astrobiology le 18 septembre dernier, trois scientifiques se posent une question qui peut sembler surprenante, celle de savoir si la Terre est la planète aux conditions les plus propices à la présence d’une éventuelle vie.

« Il peut sembler étrange de se demander s’il pourrait y avoir d’autres planètes dans notre galaxie ou notre Univers qui sont encore plus propices à la vue que celle sur laquelle nous vivons », admettent les auteurs. Mais les scientifiques ajoutent que considérer la Terre comme une référence, en tant que planète la plus favorable à la vie, peut être une forme d’anthropocentrisme (une attitude qui revient à placer l’humain au centre de l’Univers). C’est pourquoi ils jugent intéressant de comparer l’habitabilité de la Terre, telle qu’elle est aujourd’hui, à celles d’autres mondes situés en dehors du système solaire.

Mesurer l’habitabilité : un défi scientifique

Le concept d’habitabilité sert généralement à désigner la possibilité qu’une planète possède un environnement favorable à la présence d’une vie. Comme le notent les auteurs, cette simple définition rend leur tâche complexe. « Il est difficile, voire impossible, de mesurer l’habitabilité avec nos connaissances actuelles », constatent-ils. Évidemment, l’habitabilité d’une planète ne signifie pas que la vie s’y développe nécessairement — on peut imaginer une planète qui serait habitable, mais qui ne serait pas forcément habitée.

Pour dépasser cette difficulté, les chercheurs choisissent délibérément de restreindre leur analyse « à la vie telle que nous la connaissons », c’est-à-dire qui fonctionne dans les mêmes conditions que sur la Terre actuellement. C’est un biais que les auteurs assument, car les seules informations pertinentes dont on dispose à ce jour portent de toute façon sur notre planète et la vie telle qu’on la connait.

Planètes potentiellement « superhabitables » listées par les auteurs. // Source : Dirk Schulze-Makuch, Rene Heller, Edward Guinan

24 exoplanètes « superhabitables » candidates

Les chercheurs proposent l’existence d’une classe de planètes dites « superhabitables ». Ils estiment qu’il pourrait bien y avoir dans l’espace des planètes encore plus propices à la vie que la Terre. Axer la recherche sur ce type de mondes, au lieu de partir seulement en quête de planètes semblables à la Terre, pourrait être plus efficace. Les chercheurs listent 24 exoplanètes « superhabitables » candidates, parmi les 4 000 exoplanètes connues. Ils prennent bien soin de préciser que, pour aucune de ces exoplanètes, nous n’avons bien sûr aucune observation qui laisserait y soupçonner l’existence d’une vie.

Il faut cependant bien garder à l’esprit que certains paramètres astrophysiques, que les auteurs jugent essentiels pour qu’un astre soit qualifié de potentiellement « superhabitable », ne peuvent pas être vérifiés par l’observation. Aucun des astres candidats ne se trouve à moins de 100 années-lumière de nous, ce qui les rend impossibles à étudier. Mais imaginons que l’on vienne à découvrir une telle planète située plus proche à l’avenir. Alors, les auteurs jugent qu’il faudrait lui accorder une priorité dans les observations visant à rechercher la vie, davantage encore que « les planètes les plus semblables à la Terre ».

Crédit photo de la une : Flickr/CC/Kevin Gill

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