Le soir du vendredi 5 juin 2020, la Lune sera éclipsée par la pénombre. L'événement ne promet pas d'être spectaculaire car ce type d'éclipse ne peut pas être perçu aisément à l'œil.

Une éclipse est prévue ce vendredi 5 juin 2020. L’institut de mécanique céleste et de calcul des éphémérides (IMCCE) précise que le maximum de cette éclipse de Lune doit avoir lieu le soir, à 21h25 (heure française, 19h25 UTC). Il s’agit d’une éclipse par la pénombre. Ce paramètre est loin d’être anecdotique, car ce type d’éclipse est à peine perceptible. Il ne faut donc pas s’attendre à observer un événement spectaculaire.

« En général, on ne voit pas de différence entre une pleine Lune et une pleine Lune éclipsée par la pénombre », confirme Eric Chariot, président de la Société Astronomique de Bourgogne, interrogé par Numerama.

Cette éclipse fait partie d’une série de quatre éclipses par la pénombre qui ont lieu en 2020, toujours selon l’IMCCE (la première a eu lieu le 10 janvier). La France peut « observer » cette éclipse, mais sans l’étape de l’entrée dans la pénombre, car la Lune ne sera pas levée — elle se lève à 21h40. La sortie de la pénombre est prévue à 23h04 (21h04 UTC). L’IMCCE note que l’éclipse a lieu trois jours après le passage de la Lune à son périgée (le point de son orbite le plus proche de la Terre) et que son diamètre apparent est donc « relativement important ».

Carte de l’éclipse de Lune par la pénombre du 5 juin 2020. // Source : P. Rocher

Qu’est-ce que la pénombre ?

Pour comprendre pourquoi l’événement n’a rien d’impressionnant, il faut expliquer ce qu’est la pénombre. « Si on éclaire un objet avec une source lumineuse ponctuelle, il aura une ombre. Si on l’éclaire avec deux sources, il y aura deux ombres et la partie commune des deux ombres sera la plus sombre. Les autres parties des ombres s’appellent la pénombre, elles sont moins sombres car éclairées par une des deux sources », détaille Eric Chariot.

Schéma de l’ombre et de la pénombre. // Source : Wikimedia/CC/Bloody-libu, Barraki

Or, le Soleil n’est pas considéré comme une source ponctuelle mais comme « un assemblage de couches lumineuses ponctuelles sur toute sa surface », décrit Eric Chariot. Le schéma présenté ci-dessus permet de s’en rendre compte. « Si on prend les deux points les plus éloignés, diamétralement opposés, sur le Soleil, on peut délimiter l’ombre, qui sera l’ombre commune à tous les points de la surface du Soleil, et la pénombre, qui est l’ensemble des ombres éclairées par une partie du Soleil », poursuit notre interlocuteur.

Si la Lune passe à travers cette pénombre, elle est très peu éclipsée, de façon imperceptible pour l’œil. Imaginer ce qui se passe dans l’espace, vu depuis la Lune, aide à le comprendre. « Depuis la Lune, lors d’une éclipse par l’ombre, c’est comme si l’on voyait le Soleil complètement caché par la Terre. Lors d’une éclipse par la pénombre, on voit la Terre cacher seulement une partie du Soleil », conclut Eric Chariot.

Les deux prochaines éclipses de Lune par la pénombre en 2020 sont prévues les 5 juillet et 30 novembre prochain. Le spectacle promet d’être à peu près aussi inexistant que celui de ce vendredi 5 juin.

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