Cette vidéo restaurée en 4K montre Benjamin, le dernier tigre de Tasmanie répertorié. L'espèce est éteinte.

Ce sont de rares, précieuses et touchantes images que viennent de révéler les Archives nationales du film et du son d’Australie (NFSA) le 19 mai. Dans cette vidéo de 21 secondes, en noir et blanc, datée de 1935, mais restaurée en 4K, on peut observer un Thylacine dans sa cage. Cette espèce, plus connue sous l’appellation « tigre de Tasmanie » et parfois « loup marsupial », est éteinte depuis 1936.

Dans la vidéo, ce n’est d’ailleurs pas n’importe quel tigre de Tasmanie que vous voyez : il s’agit de Benjamin. Le dernier spécimen connu avant l’extinction de son espèce. « Le narrateur (inconnu) du film mentionne la rareté de l’animal, et en effet, c’est le seul film sonore produit professionnellement qui a été présenté au public alors qu’un spécimen était encore vivant en captivité », commente le NFSA. Benjamin a été capturé en 1933, envoyé au zoo de Hobart, avant de mourir trois ans plus tard. À noter que malgré son nom masculin, le sexe de Benjamin n’a jamais vraiment été corroboré.

Dans son ouvrage sur l’histoire de l’extinction de l’espèce, Robert Paddle écrit que Benjamin était non seulement le dernier être connu de l’espèce, mais qu’il est en plus décédé par négligence, notamment du fait de l’impossibilité qu’il avait de s’abriter. La vidéo fournie par les archives australiennes permet d’ailleurs d’observer par nous-mêmes la promiscuité de la cage où Benjamin évoluait.

Benjamin, le dernier Thylacine / tigre de Tasmanie repertorié. // Source : NFSA

Éteinte par l’action humaine

La disparition de cette espèce est due à l’être humain. Il a été excessivement chassé, par milliers. Sa peau valait cher. En 1888, le gouvernement de Tasmanie a même introduit une prime de 1 £ par Thylacine adulte chassé et de 10 shillings par Thylacine juvénile. Si encore l’animal avait pu survivre à sa chasse intensive… l’extinction a, en plus, été favorisée par l’introduction, par les colons, de maladies, d’espèces rivales contre lesquelles il n’a pas eu le temps de s’adapter, à quoi s’est ajoutée la destruction de portions importantes de son habitat.

C’est seulement au début du XXe siècle que l’opinion publique a commencé à s’organiser pour réclamer une protection du Thylacine. Mais le mécanisme s’est enclenché trop tardivement pour pouvoir véritablement sauver l’espèce. S’il existe bien une controverse, aujourd’hui, sur une possible survie du tigre de Tasmanie dans certaines régions reculées, aucune preuve n’a pu en être apportée. Sur le plan historique, en tout cas, le NFSA continue de chercher de nouvelles images d’archive et se dit optimiste sur le sujet.

Crédit photo de la une : NFSA

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