Ignace Semmelweis est célébré dans le Doodle de Google ce 20 mars 2020. Ce médecin obstétricien hongrois a compris au 19e siècle l'importance du lavage des mains pour limiter les risques de contamination en milieu hospitalier.

Google rend hommage au médecin Ignace Philippe Semmelweis dans son Doodle du 20 mars 2020. Cet obstétricien hongrois, né ne 1818 et mort en 1865, est connu pour avoir démontré l’importance du lavage des mains afin de limiter les risques de contaminations. Dans le contexte de la pandémie de Covid-19, cet hommage prend tout son sens.

En 1847, il y a 173 ans, Ignace Semmelweis est médecin assistant au service d’obstétrique de l’hôpital général de Vienne. Il s’intéresse alors aux causes de la fièvre puerpérale, une maladie infectieuse qui peut toucher les femmes après un accouchement ou une fausse couche. Il constate que le taux de mortalité des femmes, lié à cette maladie, est différent dans deux maternités (dont celle qu’il dirige). Le décès de son ami Jakob Kolletschka, professeur d’anatomie qui meurt d’une infection après une blessure involontaire à la main lors d’une dissection d’un cadavre, lui fait prendre conscience du possible risque de contamination.

Il comprend que les étudiants en médecine risquent de rapporter sur leurs mains des substances depuis la salle de dissection, où ils apprennent l’anatomie, vers la maternité dont il s’occupe (l’autre maternité n’accueille que des élèves sages-femmes). Ignace Semmelweis préconise alors l’emploi d’une solution à base d’hypochlorite de calcium pour réaliser le lavage de main. Grâce à cette mesure, le taux de mortalité des femmes en train d’accoucher passe de 18 % à moins d’1 % dans sa maternité.

Ignace Philippe Semmelweis est né le 1er juillet 1818 à Ofen (ancienne ville qui fait aujourd’hui partie de Budapest). Après l’obtention d’une licence en droit, il se rend à Vienne en 1837 pour s’inscrire à la faculté de droit. C’est à l’hôpital de Vienne qu’il assiste à l’autopsie d’une femme décédée des suites de la fièvre puerpérale : cet événement le décide à s’inscrire à la faculté de médecine. Après une thèse sur les plantes médicinales, Ignace Semmelweis se spécialise en obstétrique. Il rejoint ensuite l’hôpital général de Vienne, où il fait sa découverte cruciale sur l’importance du lavage des mains.

Raillé et méprisé par ses pairs

Les recommandations du médecin, à savoir cinq minutes de lavage de mains, ont été jugées longues et contraignantes par ses pairs (qui refusaient probablement aussi de reconnaître leur responsabilité dans le décès des patientes). Ceux-ci l’ont raillé et l’ont empêché de continuer à travailler dans cette maternité. Toujours est-il qu’Ignace Philippe Semmelweis venait de démontrer l’importance de l’hygiène en milieu hospitalier, avec une méthode permettant de réduire les risques auxquels étaient exposées les patientes.

Ignace Semmelweis. // Source : Eugen Doby (image recadrée)

De son vivant, le travail d’Ignace Philippe Semmelweis n’a pas été reconnu par ses pairs. Il est décédé en 1865, à l’âge de 47 ans, dans un hôpital psychiatrique, à cause de mauvais traitements subis lors de son internement. Quinze ans après son décès, ses recommandations ont été validées lorsque la « théorie des germes » (expliquant que beaucoup de maladies sont provoquées par des micro-organismes) a été globalement acceptée.

Aujourd’hui, Ignace Philippe Semmelweis est présenté comme un précurseur des mesures permettant de prévenir les infections contractées dans des établissements de santé. Son nom reste associé au geste du lavage des mains, un moyen efficace de contribuer à la lutte contre la propagation de maladies.

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