Un partenariat conclu entre SpaceX et Axiom Space ouvre la voie aux vols entièrement privés vers la Station spatiale internationale. Un premier vol est attendu pour la fin 2021, avec trois touristes. Une place a déjà été réservée.

Voilà plus de dix ans que la Station spatiale internationale n’a plus accueilli de touristes à son bord. La dernière fois, c’était à l’automne 2009 avec le Canadien Guy Laliberté, qui est resté là-haut un peu plus de dix jours. Mais en 2021, les voyages d’agrément vers l’ISS vont reprendre. L’agence spatiale russe Roscosmos prévoit ainsi le transport de deux personnes avec le Soyouz.

C’est aussi le cas de l’entreprise américaine Axiom Space, qui travaille à la conception de modules habitables pour la station — en début d’année, elle a été retenue par la NASA pour en fabriquer d’ici 2024. Dans un communiqué paru le 5 mars, Axiom annonce la création d’un partenariat avec SpaceX pour assurer des rotations via sa capsule Crew Dragon, qui est presque opérationnelle pour les vols habités.

CRS-14 SpaceX Falcon 9
SpaceX, qui conduit des missions de ravitaillement pour l’ISS, est partenaire du projet annoncé par Axiom Space. // Source : SpaceX

Jusqu’à trois touristes par vol

Sur le papier, il est prévu que le vaisseau spatial mis à disposition par SpaceX soit occupé par quatre personnes. Un commandant de bord, « entraîné par Axiom », afin d’encadrer les trois autres occupants, qui seront en principe tous des touristes. SpaceX aura pour rôle de les emmener puis de les ramener sur Terre à l’issue de leur séjour dans l’espace, à près de 400 kilomètres d’altitude.

Ce commandant de bord doit aussi tenir le rôle informel de « nounou » auprès des trois visiteurs occasionnels, afin qu’ils n’entravent pas le bon fonctionnement quotidien de la station spatiale en sollicitant déraisonnablement les astronautes. D’ordinaire, la station accueille six professionnels, essentiellement des Russes et des Américains, mais aussi des Européens, des Canadiens et des Japonais.

Axiom souligne que le vol qu’il prépare avec SpaceX sera le premier du genre à être opéré intégralement par des entreprises du secteur privé. Jusqu’à présent, tous les vols mêlaient d’une façon ou d’une autre une agence spatiale gouvernementale. C’est d’ailleurs toujours le cas pour la partie russe, puisque c’est Roscosmos qui encadrera l’autre vol d’agrément prévu en 2021.

Thomas Pesquet, qui doit retourner en 2021 dans l’ISS, croisera peut-être les touristes en circulant d’un module à l’autre. // Source : Nasa

La mission doit survenir au cours du second semestre 2021 et les séjours dans l’espace doivent durer au moins huit jours. Vu la date envisagée, il est tout à fait possible que ces touristes spatiaux croisent Thomas Pesquet à bord, puisque le spationaute français doit aussi être là-haut en 2021. Axiom vise jusqu’à deux rotations par an, aussi bien pour des particuliers que des astronautes professionnels.

Tout ceci dépendra évidemment de la réussite du dernier essai que doit encore conduire SpaceX pour démontrer son haut degré de fiabilité dans ce type d’opération. Certes, la société achemine depuis 2012 du ravitaillement à l’ISS sans réelle difficulté — hormis un raté en 2015 –, mais elle n’a jamais transporté un équipage. Un test de ce type avec deux astronautes professionnels est attendu ce semestre.

Reste la question du prix : combien vaudra un ticket pour l’espace ? Celui-ci n’est pas mentionné dans l’annonce, mais le New York Times rappelle que la société a déclaré précédemment qu’un siège à bord de la fusée coûterait 55 millions de dollars. En la matière, il n’y a rien de neuf : accéder à l’espace coûte démesurément cher et seules de grosses fortunes peuvent s’offrir un tel caprice.

Une place a déjà été réservée sur le vol prévu par SpaceX et Axiom.

Le programme organisé par Axiom et SpaceX n’est pas isolé : il est le dernier exemple d’un engouement pour le tourisme spatial. Preuve en est avec un autre vol touristique, dont le but est cette fois de faire le tour de la Lune à bord d’un vaisseau fourni par SpaceX. Moins spectaculaires, les programmes de Blue Origin et Virgin Galactic visent à faire ressentir un moment d’impesanteur à leurs passagers.

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