Sans changement climatique, la canicule de juillet 2019 aurait été moins chaude. Météo-France estime qu'il aurait pu faire entre 1,5 et 3°C de moins, si le climat n'avait pas été modifiée par les activités humaines.

La vague de chaleur qui s’est installée en France à la fin du mois de juillet 2019 aurait été moins chaude sans changement climatique. Météo-France a confirmé que les modifications du climat induites par les activités humaines ont « augmenté de manière significative l’intensité et la probabilité d’occurrence » de cet épisode caniculaire, le 2 août 2019.

Le service de météorologie et l’Institut Pierre-Simon Laplace (IPSL) ont pris part à un rapport présenté le même jour par le groupe de recherche World Weather Attribution. Si le climat n’avait pas été modifié par les activités humaines, cette canicule aurait été de 1,5 à 3°C moins chaude (dans les pays étudiés, dont la France), assure ce rapport. Par ailleurs, sans changement climatique d’origine anthropique (dû à la présence humaine), « cette canicule aurait été quasi improbable », écrit Météo France.

 

Pour parvenir à cette conclusion, les auteurs du rapport ont cherché à comparer le climat actuel, pendant les 3 journées les plus chaudes de cet épisode caniculaire, avec le climat tel qu’il aurait pu être sans l’influence des activités humaines. Ils ont pris pour référence plusieurs lieux en France, en Allemagne, aux Pays-Bas et au Royaume-Uni. Dans ces pays, des relevés de température ont battus des records. À Paris, 42,6°C ont été enregistrés le 25 juillet, détrônant le précédent record de 40,4°C en 1947.

L’influence humaine prépondérante

En couplant des observations du climat et des simulations climatiques, les scientifiques ont tenté d’estimer la probabilité qu’un événement comme celui survenu à la fin du mois de juillet (ou plus grave) se produise dans ces pays européens. Pour la France, les données de température remontent jusqu’en 1947. Ils en concluent que « de telles températures auraient très peu de chance de se produire sans l’influence humaine sur le climat », pour ce qui concerne la France et les Pays-Bas.

La température maximale quotidienne (25 juillet 2019). // Source : Météo France (photo recadrée)

« Chaque vague de chaleur analysée jusqu’à présent en Europe ces dernières années (2003, 2010, 2015, 2017, 2018, juin 2019 et cette étude) était plus probable et plus intense à cause du changement climatique induit par l’humain », résume cette étude. Les amplitudes de températures observées lors de la canicule de juillet « auraient été extrêmement improbables sans le changement climatique », ajoute l’IPSL.

Alors que le rôle des activités humaines est directement mis en cause pour expliquer l’intensité des dernières vagues de chaleur,@ les États ne semblent pas mesurer l’urgence de la situation. Les accords de Paris, qui visent à contenir le réchauffement planétaire en dessous de 2°C par rapport aux niveaux préindustriels, ne sont pas respectés par les pays qui en sont pourtant membres.

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