Les sursauts radio rapides sont l'un des grands mystères de l'astrophysique. Leur origine pourrait être une supernova ou encore la collision entre un trou noir et une étoile à neutrons. Un chercheur de Caltech vient d'ajouter de la complexité aux explications possibles.

Les sursauts radio rapides (FRB) suscitent depuis longtemps de nombreuses thèses scientifiques. Ces ondes radio soudaines ne durent que quelques millisecondes. La plupart pourraient être le résultat d’explosions ou de collisions puissantes (et, non, ils ne viennent pas des aliens). Un astrophysicien a réalisé une étude à ce sujet, publiée le 15 juillet 2019 dans Nature Astronomy. Elle remet en cause la généralisation de cette explication.

Le problème des sursauts radio rapides est que, comme pour beaucoup d’observations en astronomie, ils sont tellement lointains (en l’occurrence extragalactiques) qu’en attribuer la cause exacte est périlleux. Et, en plus, ils n’apparaissent que sur une période extrêmement courte. Très peu ont pu être précisément localisés.

Le premier sursaut radio rapide, enregistré en 2007. // Source : Wikimedia/CC/Psr1909

Les explications au phénomène sont donc variées. Le caractère puissant et rapide de ces sursauts permet d’envisager des événements astronomiques cataclysmiques. Les thèses les plus souvent avancées sont les supernovas ou même la collision entre un trou et une étoile à neutrons. Une autre serait l’existence théorique des blitzars : une étoile à neutrons dont la masse est censée la transformer en trou noir, mais qui tourne si vite que cela empêche cet effondrement.

Le phénomène pourrait être compris « dans les 5 prochaines années »

Les sursauts radio rapides ne surviennent a priori qu’une seule fois. C’est pour cette raison qu’ils sont associés à des explosions et collisions. Sauf que trois sursauts parmi tous ceux découverts semblent se répéter : ceux-là ne peuvent pas être associés à ce genre de cataclysmes uniques.

Le mystère plane et, maintenant, voilà que l’astrophysicien Vikram Ravi, de Caltech, remet en question l’explication par les explosions et collisions pour tous les sursauts radio rapides. Il a compilé les sursauts les plus proches pour établir une fréquence minimum d’apparition. Puis il a comparé cette fréquence à celle de l’apparition d’événements cataclysmiques repérés dans l’univers proche.

Le résultat apporte un élément fondamental : « Le taux de sursauts radio rapides semble être supérieur au taux de tous les événements qui peuvent générer un seul sursaut radio », explique Ravi. En clair, cela signifie qu’il y a plus de sursauts qu’il n’y a de cataclysmes de type explosions et collisions.

Il est tout à fait possible que les sursauts radio rapides soient formés par des événements qui n’ont jamais été observés

La portée de ces résultats tient aussi dans l’idée que, si nous n’avons découvert que trois signaux qui se répètent, il est probable qu’il en existe d’autres de la sorte, mais qui n’ont pas encore été détectés à cause, entre autres, d’une intensité plus faible.

Compte tenu des conclusions de Ravi, l’astrophysicienne canadienne Victoria Kaspi  explique au NewScientist qu’il est tout à fait possible que les sursauts radio rapides soient formés par des événements qui n’ont jamais été observés ou considérés auparavant. Ce à quoi Vikram Ravi ajoute qu’il est donc nécessaire de mieux déterminer les galaxies où les signaux apparaissent. Si on y arrive, « on pourrait tout comprendre dans les 5 prochaines années ».

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