Les vagues de chaleur et autres épisodes de canicule peuvent s'accompagner de pics d'ozone. En quoi consiste cette pollution ? Comment se forme-t-elle et quels risques pose-t-elle pour la santé ?

La pollution à l’ozone devrait dépasser le seuil de 180 microgrammes par mètre cube (mg/m³) en Île-de-France ce 26 juin 2019. La situation est favorisée par la vague de chaleur qui touche en ce moment l’hexagone, a annoncé Airparif, l’association qui surveille la qualité de l’air dans la région.

L’association estime que la pollution à l’ozone devrait se situer dans une fourchette entre 170 et 200 mg/m³ au cours de la journée. Le lendemain, le 27 juin, la quantité d’ozone pourrait se situer entre 180 et 210 mg/m³. « Les périodes caniculaires et l’ensoleillement sont propices à cette fabrication intensive à l’ozone », nous explique Charlotte Songeur, ingénieure au sein d’Airparif.

Qu’est-ce que la pollution à l’ozone ?

Il faut distinguer l’ozone qui se trouve à haute altitude dans l’atmosphère et joue un rôle protecteur en filtrant les rayons ultraviolets du Soleil, et l’ozone présent dans la basse atmosphère (celle où nous respirons). Naturellement, il s’y trouve en petite quantité. Si cette quantité augmente, l’ozone peut alors devenir un polluant.

« C’est un polluant secondaire, poursuit l’ingénieure. Il est fabriqué chimiquement dans l’atmosphère. Il est à distinguer des polluants primaires, qui sont émis directement dans l’atmosphère. Certaines particules sont à la fois des polluants primaires et secondaires. » Les polluants primaires peuvent provenir de sources de pollution comme le trafic routier, l’industrie, le chauffage ou l’agriculture.

La formation d’ozone est favorisée par deux éléments : les oxydes d’azote, principalement émis par le trafic routier, ainsi que les composés organiques volatils (COV), des hydrocarbures que l’on trouve principalement dans l’essence, des colles, des peintures, des solvants, mais qui peuvent aussi venir des deux roues motorisés, ou encore de la forêt ou de la végétation. La présence de rayonnements ultraviolets, des températures élevées (au-dessus de 30°C) et l’absence de vent « rend cette réaction plus intense qu’en temps normal », explique Charlotte Songeur. L’ozone est un « polluant photochimique », un polluant que l’on retrouve en été.

Des hydrocarbures peuvent favoriser la formation d’ozone polluant. // Source : Pxhere (photo recadrée)

Sa particularité : c’est un polluant qui voyage

Cette pollution à l’ozone ne concerne pas que les grandes villes. « L’ozone en formation voyage avec le vent jusque dans les zones rurales. C’est une de ses particularités, d’autres polluants ont une durée de vie plus limitée. Les niveaux peuvent être moins importants près du trafic routier… même si je vous déconseille évidemment de rester à cet endroit », rappelle notre interlocutrice.

L’ozone est un gaz à effet de serre, qui peut avoir des impacts sur la santé comme des irritations (yeux, gorge, nez). Pratiquer une activité physique risque de faire inhaler davantage d’air et donc davantage de polluants. « Il vaut mieux éviter les activités en extérieur aux moments où les niveaux d’ozone sont les plus importants. Le niveau monte dans la journée, pour être maximal en fin d’après-midi. Le matin, le niveau est au plus bas : c’est le meilleur moment pour aérer son logement et pratiquer des activités en extérieur », conseille l’ingénieure.

Airparif a constaté que depuis 15 ans, les moyennes annuelles d’ozone ont été presque multipliées par deux à Paris. « L’ozone est le seul polluant surveillé en Île-de-France pour lequel les concentrations moyennes relevées tout au long de l’année sont en augmentation », écrit l’association.

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