Un rapport d'une ONG classe la France comme le pays le plus sceptique à l'égard de la vaccination. Les Français sont nombreux à mettre en doute l'efficacité et la sureté des vaccins.

La France est le pays le plus sceptique à l’égard des vaccins. Un rapport de l’ONG médicale Wellcome, publié le 19 juin 2019, mentionne qu’un Français sur trois ne considère pas les vaccins comme sûrs. C’est le « plus haut pourcentage de tous les pays du monde » considérés par l’ONG dans cette étude (soit 144 pays).

Un graphique, disponible dans l’étude, montre les réponses obtenues en fonction de différents pays, aux questions suivantes : « Êtes-vous d’accord, pas d’accord, ou ni d’accord ni pas d’accord, avec les affirmations suivantes ? », qui sont « Les vaccins sont efficaces. Les vaccins sont sûrs ». 19 % des répondants français estiment que les vaccins ne sont pas efficaces, tandis que 33 % répondent que les vaccins ne sont pas sûrs. La suite du rapport explore pourquoi les vaccins suscitent tant d’inquiétudes en France.

Les Français sont les plus sceptiques à l’égard des vaccins. // Source : Capture d’écran Wellcome

Une méfiance accrue avec la vaccination contre la grippe A

« Ce niveau de scepticisme est présent et cohérent dans plusieurs groupes démographiques de la société française, éclaire le document. Il ne varie pas significativement en fonction de l’éducation, de l’âge, du genre, du milieu rural ou urbain ou de la situation des parents. » Même si la situation n’est pas nouvelle, les auteurs du rapport ont noté une hausse de cette méfiance après la campagne de vaccination contre la grippe A (H1N1). Les Français interrogés sont aussi 55 % à craindre que les avancées scientifiques et technologiques risquent de supprimer des emplois dans la région où il vivent.

Comme la rappelle l’AFP dans un thread, des fausses informations circulent au sujet de la vaccination. Un site baptisé « Santé Nutrition » a par exemple affirmé que des vaccins pourraient être à l’origine de l’autisme ou déclencher un cancer. Ces affirmations ne sont étayées par aucune étude scientifique.

Des vaccins contre la grippe A(H1N1). // Source : Wikimedia/CC/Johannes Jansson (photo recadrée)

Un « effet de laisser-aller »

La méfiance à l’encontre de la vaccination, plus marquée dans les pays riches énumérés dans ce rapport, montre qu’il existe certainement un « effet de laisser-aller » souligné par Imran Khan, membre de Wellcome et cité par l’AFP. Au Bangladesh ou au Rwanda, une large majorité de la population a exprimé sa confiance dans la vaccination au sein de ce rapport. « Dans ces pays-là, il y a plus de maladies contagieuses, et leur habitants voient sans doute ce qui se passe lorsqu’on n’est pas vacciné », explique Imran Khan. En France, le risque de tomber malade est moins élevé, même si l’on n’est pas vacciné (et le risque de mourir d’une contamination est moins élevé également).

Le rôle d’un vaccin est de « stimuler notre système immunitaire avec une bactérie ou un virus », nous expliquait en février dernier Dominique Salmon, médecin spécialisée dans les infections et chefs de service à l’Assistance publique — Hôpitaux de Paris (AP-HP). Un vaccin permet en quelque sorte au corps de s’entraîner à lutter contre une maladie, sans prendre le risque d’y être exposé. « Quand on fait vacciner les gens contre une maladie, on peut avoir l’impression qu’elle a disparu et on ne voit plus que les effets secondaires du vaccin. On en oublie pourquoi on s’est fait vacciner, alors que la maladie existe toujours  », soulignait alors la spécialiste. Cette analyse semble toujours d’actualité en France, à en juger par le rapport de Wellcome.

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