Lorsque nous allons nous faire vacciner, nous savons que l'objectif est de prévenir une maladie. Mais comment le vaccin agit-il dans notre corps pour y parvenir ?

L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) vient de constater une recrudescence de cas de rougeole dans le monde en 2018. D’après l’institution spécialisée, cette hausse est directement liée à la vaccination insuffisante des enfants. Pourtant, l’organisation assure que cet intervention préventive est certainement celle qui a le « meilleur rapport coût-efficacité ».

Comment fonctionne un vaccin préventif une fois administré dans le corps humain ? « Il stimule notre système immunitaire avec une bactérie ou un virus », nous explique Dominique Salmon, médecin spécialisée dans les infections et cheffe de service à l’Assistance publique – Hôpitaux de Paris (AP-HP).

Notre système immunitaire est «  l’ensemble des organes, tissus, cellules et molécules assurant l’immunité d’un organisme », selon l’encyclopédie Larousse. En d’autres termes, c’est ce qui permet à notre organisme de se défendre des éléments qui lui sont étrangers et qui risquent d’entrainer une infection.

Le vaccin Gardasil. // Source : Wikimedia/CC/Jan Christian

Un entrainement pour notre corps

Pour ce système immunitaire, le vaccin est en quelque sorte une manière de s’entrainer sans prendre de risque. Le corps est préparé à se battre contre une maladie, sans pour autant y être exposé.

Que se passe-t-il dans l’organisme quand une bactérie ou un virus y pénètre pour la première fois ? Cela déclenche une réaction de la part de nos lymphocytes B, des globules blancs et d’importantes cellules de notre système immunitaire. Elles réagissent en produisant des anticorps (ou « immunoglobuline ») qui sont des protéines.

Nos lymphocytes produisent des anticorps

La substance reconnue comme étrangère par notre corps porte le nom d’ « antigène ». Les anticorps sont capables de reconnaître et de neutraliser les antigènes. Face à certains antigènes, les anticorps peuvent mettre plus ou moins longtemps à répondre.

Pour certaines maladies, ce délai est trop long. « Il faut 8 à 10 jours pour fabriquer des anticorps », nous confirme Dominique Salmon. L’infection risque d’être fatale avant même que le système immunitaire produise des anticorps.

Un vaccin antigrippal. // Source : Flickr/CC/Daniel Paquet (photo recadrée)

Un microbe inoffensif

L’objectif d’un vaccin est justement de prévenir cette situation. Il consiste à administrer à une personne en bonne santé « des fragments de l’agent infectieux ou l’agent vivant atténué », nous explique Dominique Salmon. Lors d’un vaccin, vous accueillez dans votre corps un microbe qui été rendu inoffensif et qui ne peut pas déclencher la maladie.

Votre corps, lui, réagit cependant comme si cet antigène était actif : à nouveau, il fabrique des anticorps afin de l’éradiquer. Même si le processus prend plusieurs jours, vous n’êtes plus en danger. Surtout, le système immunitaire garde la mémoire de ces anticorps.

Le système immunitaire garde la mémoire de ces anticorps

Cela signifie que si le même microbe actif réussit un jour à pénétrer dans votre corps, votre système immunitaire saura vous défendre contre cette maladie. Le corps fabriquera plus vite les anticorps spécifiques pour vous protéger.

Pourquoi devez-vous faire des rappels pour certains vaccins ? Avec le temps, « le système immunitaire est moins résistant et le taux d’anticorps baisse, nous précise l’infectiologue. Chez les adultes, la protection est prolongée. Elle dure moins longtemps chez les enfants car leur système immunitaire est immature. »

Le principe de la vaccination. // Source : Inpes (image recadrée)

La « vaccination de troupeau »

Lorsque l’on se fait vacciner contre une maladie qui se transmet entre humains, Dominique Salmon nous explique qu’on parle de « vaccination de troupeau ». Dans ce cas, la vaccination est reconnue comme une manière de protéger les personnes qui y ont recours, mais aussi les autres. « Plus le nombre de personnes vaccinées augmente, plus le risque de transmission diminue. […] Les personnes immunisées font barrage entre les individus contagieux et les individus non immunisés », assure l’Inserm.

Dominique Salmon tient à souligner l’importance que revêt, encore aujourd’hui, la vaccination à ses yeux. « Quand on fait vacciner les gens contre une maladie, on peut avoir l’impression qu’elle a disparu et on ne voit plus que les effets secondaires du vaccin. On en oublie pourquoi on s’est fait vacciner, alors que la maladie existe toujours », conclut-elle.

Comment une maladie se propage en fonction de la proportion de personnes vaccinées // Source : curioctopus

Crédit photo de la une : Pxhere/CC0 Domaine public (photo recadrée)

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