La Nasa pensait que la surface de l'astéroïde Bennu était plus lisse qu'elle ne l'est vraiment. La sonde OSIRIS-REx, qui doit recueillir des échantillons de l'objet, pourrait avoir des difficultés à l'approcher.

La surface de l’astéroïde Bennu est plus abrupte que ne l’avait imaginé la Nasa. La mission OSIRIS-REx a permis d’obtenir les premières observations de l’objet, présentées par l’Agence spatiale américaine le 19 mars 2019.

La sonde OSIRIS-REx (Origins-Spectral Interpretation-Resource Identification-Security-Regolith Explorer) a été lancée en 2016 afin de recueillir un échantillon de l’astéroïde Bennu (ou Bénou). Il mesure 500 mètres de diamètre et appartient à la catégorie des astéroïdes Apollon. Leur particularité est d’être des géocroiseurs, dont l’orbite coupe celle de la Terre.

L’astéroïde Bennu. // Source : NASA/Goddard/University of Arizona/Lockheed Martin

Des traces du début du système solaire ?

La Nasa n’avait pas envisagé que le terrain de l’astéroïde que sa sonde doit approcher soit aussi escarpé. Réussir à toucher Bennu serait pourtant prometteur : l’astéroïde contient peut-être « des matériaux non altérés depuis le tout début du système solaire », comme l’explique l’agence spatiale.

Les scientifiques de la Nasa ont détaillé les obstacles auxquels risque de se heurter la mission dans la revue Nature. Plusieurs caractéristiques de Bennu les ont surpris. Les auteurs mentionnent « l’albédo », c’est-à-dire le pouvoir réfléchissant de sa surface. Son « hétérogénéité » risque de « perturber le système de guidage » d’OSIRIS-REx.

Une représentation de la sonde OSIRIS-REx. // Source : Wikimedia/CC/NASA/Goddard Space Flight Center (photo recadrée)

Un contact qui va nécessiter plus de précision

Plus largement, l’astéroïde présente une surface couverte de rochers. Les scientifiques ne s’y attendaient pas et prévoyaient d’opérer sur une zone de 25 mètres. Quelques zones, mesurant entre 5 et 20 mètres, laissent cependant entrevoir l’espoir d’un contact qui permettrait de réussir à récolter les échantillons. Ces sites sont plus petits que la zone envisagée au départ : la descente de la sonde vers sa cible va devoir être contrôlée très précisément.

« La nature inattendue de Bennu continue de se dévoiler », concluent les auteurs de l’étude publiée dans Nature. Avant de diriger la sonde vers la surface de l’astéroïde, les chercheurs vont tenter de trouver des endroits propices à une rencontre. « Même si nous sommes face à une réalité qui diffère de nos prévisions, nous tenterons de prélever un échantillon de Bennu avant le départ du vaisseau pour la Terre », ajoutent-ils.

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