Un courant composé de débris cosmiques heurte de plein fouet notre recoin de la Voie lactée. Des chercheurs pensent que nous pourrions peut-être y identifier de la matière noire.

Un courant de débris cosmiques visite actuellement notre Voie lactée. Un groupe de physiciens et d’astronomes s’est penché sur ce phénomène dans un article publié le 7 novembre 2018 au sein du journal scientifique Physical Review D.

Cette tempête, identifiée sous le nom « S1 » par les chercheurs, a déjà été repérée en 2017 grâce aux données enregistrées par le satellite Gaia. Ce que l’on soupçonne désormais, c’est que ce torrent contenant peut-être des traces de matière noire serait en train de « heurter le système solaire presque de face, avec une orbite de rotation inversée et avec une faible inclinaison », écrivent les chercheurs.

Un ouragan de débris est en train de heurter notre système solaire. // Source : Flickr/CC/maxwell Hamilton (photo recadrée)

D’où viennent ces ouragans ?

Qu’est-ce que la matière noire ? Son existence, confirmée par l’astronome Vera Rubin, est hypothétique, car elle n’a jamais été directement observée : elle pourrait être constituée d’étoiles mortes ou de gaz moléculaire, selon les théories. La vitesse de rotation des galaxies laisse penser que la matière noire pourrait exister sous la forme d’un halo plus large, entourant certaines galaxies comme notre Voie lactée.

En introduction de leur étude, les scientifiques expliquent que ces halos de matière noire pourraient être perturbés par des débris cosmiques laissés par d’autres galaxies. En s’approchant trop près de la Voie lactée, de plus petites galaxies risquent de se heurter à sa force gravitationnelle et de se déliter. « L’accumulation de ces matériaux » expliquerait alors la formation de ces ouragans que l’on suspecte de transporter des traces de la matière noire.

Ce flux ne perturbe pas la Terre

Comme le relève Discover, le flux de cet ouragan est tel qu’il passerait actuellement au-dessus de nos têtes à plus de 500 kilomètres par seconde. Bien que notre système solaire soit actuellement pris dans ce flux, la Terre n’est pas influencée par cette rencontre et continue de tourner autour de sa propre étoile, le Soleil.

Ce flux transporterait de la matière noire. // Source : Flickr/CC/Jason Jacobs

Une gifle frontale

Ce courant arrive droit vers le système solaire. « Les étoiles de S1 ont un impact presque frontal et à très grande vitesse sur le système solaire », écrivent les chercheurs. Ils filent la métaphore en ajoutant que ce flux lui inflige « une gifle. »

Outre l’aspect fascinant de cette découverte, les chercheurs s’intéressent surtout à la proximité entre cette tempête et la Terre : le passage de S1 offre peut-être une possibilité d’en apprendre davantage sur la matière noire qui pourrait exister dans notre « halo local », c’est-à-dire celui de la Voie lactée.

Si la tempête contient bien des traces de matière noire, elle pourrait en laisser des marques de notre côté de la galaxie. L’humanité se rapprocherait un peu plus de la possibilité de pouvoir étudier cette substance mystérieuse.

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