L'eau oxygénée pourrait exister à la surface de Mars, envisagent plusieurs scientifiques dans une étude. Selon eux, cette hypothèse pourrait aller dans le sens d'une vie microbienne possible, car ces organismes respireraient de l'oxygène.

« Il peut exister sur Mars des environnement proches de la surface avec suffisamment d’O2 disponible pour permettre à des microbes aérobies de respirer » : dans une étude publiée le 22 octobre 2018 au sein de la revue Nature Geoscience, trois scientifiques exposent une nouvelle hypothèse sur la planète rouge. Selon eux, de l’eau oxygénée pourrait se trouver sur l’astre et offrir un terrain possible au développement de microbes.

Les chercheurs de l’Institut de technologie de Californie et de l’université Harvard constatent que la surface de Mars pourrait abriter de l’eau oxygénée, une solution aqueuse contenant du dioxygène. Ils s’interrogent alors sur la possibilité que la planète ait accueilli des organismes vivants capables de se développer dans l’air ambiant — une faculté également connue sous le nom d’aérobie — grâce à la présence supposée du dioxygène (dont la molécule est formée de deux atomes d’oxygène).

Le dioxygène dans l’eau oxygénée permettrait-il à des êtres vivants de respirer ? // Source : Flickr/CC/Kevin Gill

Si la vie a existé, elle aurait pu respirer de l’oxygène

« Notre travail appelle à réviser complètement la manière dont nous pensons à la vie potentielle sur Mars, et le rôle que peut y jouer l’oxygène, ce qui implique que si la vie a déjà existé sur Mars elle aurait peut-être respiré de l’oxygène », assure Vlada Stamenkovic, chercheur au sein de l’Institut de technologie de Californie et co-auteur de l’étude, auprès de Scientific American. Selon lui, cette découverte peut aider à mieux étudier si Mars est potentiellement habitable aujourd’hui.

« En raison de la rareté de l’O2 dans l’atmosphère martienne moderne, on a supposé que Mars ne pouvait pas avoir des environnements avec des concentrations en O2 suffisamment importantes pour permettre la respiration aérobie », constatent les auteurs. La respiration aérobie est bien connue sur Terre : il s’agit du nom donné au processus par lequel les cellules absorbent l’oxygène pour produire de l’énergie et rejettent ensuite de l’eau et du dioxyde de carbone. Les animaux le rejettent en expirant, tandis que les plantes l’absorbent par la photosynthèse.

Mars
Mars. // Source : Kevin Gill

Pour tester leur hypothèse, les scientifiques ont développé un modèle «  applicable aux conditions sur Mars » permettant de calculer la solubilité de l’oxygène dans des saumures (une eau fortement salée, davantage que l’eau de mer). L’expérience a monté que si ce liquide se trouvait sur une surface, ou sur une surface proche, il pouvait emprisonner de l’oxygène — qui existe dans l’atmosphère martienne en faible quantité. Selon eux, cette absorption pourrait permettre à de potentiels microbes de respirer l’oxygène.

L’hypothèse tient si l’atmosphère de Mars a eu un jour davantage d’oxygène

Pour que l’hypothèse des chercheurs soit valable, il faudrait également que la planète Mars ait possédé davantage d’oxygène dans son atmosphère qu’à l’heure actuelle. La découverte d’une roche baptisée Lamoose par le rover Curiosity en juillet 2015 a révélé qu’elle était composée de silicium et d’oxygène : pour les chercheurs, cela pourrait montrer que l’oxygène a peut-être été plus abondant dans l’atmosphère martienne par le passé.

Le mystère de l’eau oxygénée sur Mars, et ses potentielles implications pour le développement d’une vie microbienne, s’ajoute à la listes des autres hypothèses scientifiques sur la planète rouge — où la présence d’eau liquide est très probable, mais n’a pas été observée directement.

Crédit photo de la une : Flickr/CC/Kevin Gill

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