Le scénario est parfaitement huilé : dans la nuit du 1ᵉʳ au 2 avril 2026, la fusée Space Launch System (SLS) s’arrachera à la gravité terrestre. Objectif : lancer la mission Artémis II, qui fera le tour de la Lune durant un périple qui durera dix jours. Les quatre astronautes qui se trouveront à bord sont prêts, et ils auront fort à faire durant ce voyage.
Tout est rôdé, donc, mais l’agence spatiale américaine (NASA) n’est bien sûr pas à l’abri d’un imprévu. C’est pour cela, d’ailleurs, que d’autres créneaux de tir sont prévus, par exemple si les conditions météorologiques sont trop mauvaises ou si le centre de contrôle de mission est alerté par un souci qui provient de la fusée, de la capsule ou du segment sol.
Parce qu’il s’agit du premier vol habité dans le cadre du programme Artémis, la NASA n’entend prendre aucun risque. S’il y a un quelconque doute, on préfèrera débarquer Gregory Wiseman, Victor Glover, Christina Koch et Jeremy Hansen avant de viser la Lune à nouveau. Pour autant, cela ne veut pas dire que l’agence n’a aucune marge de manœuvre.
La NASA peut effectuer certaines pauses au tout dernier moment
Durant le très long compte à rebours avant le jour J, l’agence a de quoi réagir en cas de signal anormal, sans pour autant compromettre la tentative de mise à feu. Cela, y compris durant les tout derniers instants avant l’allumage des moteurs. En fait, tout dépend du moment exact où survient l’anomalie dans le décompte général.

À 6 minutes du décollage (T-6) : l’équipe de lancement peut mettre le chronomètre en pause pour toute la durée restante de la fenêtre de tir (moins les 6 minutes requises pour aller au bout de la séquence). Avantage : il n’y a pas besoin de rembobiner le compte à rebours pour le reprendre de plus loin.
Entre T-6 minutes et T-1 minute 30 : si une alerte retentit dans ce laps de temps, la NASA dispose d’un joker de trois minutes. L’horloge peut être suspendue brièvement puis relancée en l’état. En revanche, si l’analyse ou la résolution du problème nécessite plus de trois minutes de pause, le compte à rebours devra obligatoirement être réinitialisé à T-10 minutes.
Après T-1 minute 30 : les marges se réduisent drastiquement. Si une anomalie stoppe le chronomètre sous la barre des 90 secondes (mais avant que l’ordinateur de bord ne prenne le contrôle final), il n’y a plus de petite pause possible. Toute interruption entraîne un retour automatique à T-10 minutes. Une nouvelle tentative peut alors avoir lieu, à la stricte condition qu’il reste suffisamment de temps dans la fenêtre de tir du jour.
Le point de non-retour : une fois la main passée au programme qui gère de manière autonome l’ultime ligne droite, c’est la tolérance zéro. Le moindre pépin nécessitant l’arrêt du compte à rebours mettra un terme définitif à la tentative de lancement pour la journée. Les réservoirs devront être vidangés et l’équipage débarqué.
Jusqu’à la prochaine tentative.
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