Artémis II a beau être une mission éminemment politique, avec d’immenses enjeux liés à la conquête spatiale, c’est aussi une aventure à laquelle la science a tenté de se greffer. Résultat : les astronautes qui voyageront vers la Lune en profiteront pour réaliser quelques expériences destinées à faire avancer la science.

La date du départ avance pour les quatre astronautes qui participeront à l’aventure Artémis II. Leur décollage est actuellement prévu pour dans la nuit du 6 au 7 février 2026, et ils partiront pour une dizaine de jours autour de la Lune. Durant leur trajet, ils vont donc survoler la Lune, à environ 10 000 kilomètres d’altitude, avant de revenir sur Terre.

Mais durant ce qui a l’air d’un simple aller-retour, ils auront également quelques expériences scientifiques à mener. Il faut dire que jamais un être humain ne s’était autant éloigné de la Terre depuis une soixantaine d’années, ce qui est source d’intérêt pour de nombreuses équipes de scientifiques à travers le monde.

Comprendre les effets d’un tel voyage sur le corps humain

C’est pourquoi ils emporteront avec eux plusieurs expériences, dont une nommée AVATAR. Il s’agit d’une petite capsule transportant des cellules des astronautes récoltées à l’avance et qui voyagera à côté d’eux. La mission, nommée en version longue « A Virtual Astronaut Tissue Analog Response », a pour but d’étudier les effets des radiations et de la microgravité sur la santé humaine.

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La capsule transportant des cellules humaines pour AVATAR. // Source : Nasa

Une expérience essentielle pour le futur du vol spatial habité, car même si les astronautes évoluant dans la Station spatiale internationale (ISS) sont bien dans l’espace, ils bénéficient toujours d’une certaine protection de l’atmosphère terrestre contre les radiations. Ce qui n’est pas le cas pour les voyages plus lointains, comme celui entrepris avec Artémis II.

Avec AVATAR, les tissus humains récoltés pourront être analysés en détail afin de savoir ce qui se passe dans le corps humain, au niveau cellulaire, lorsqu’il est exposé à un environnement aussi vulnérable face aux radiations solaires.

Préparer l’exploration spatiale lointaine de demain

Dans le même esprit, l’expérience Immune Biomarkers vise à comprendre les effets d’un voyage si lointain sur le corps. Le principe est de récolter des échantillons de salive chez les astronautes avant leur départ, pendant le trajet, et après leur retour, et de comparer le tout pour capter d’éventuels changements.

Toujours dans les problématiques liées à la santé humaine dans l’espace, les astronautes d’Artémis II porteront ce qui ressemble à une simple montre, mais qui est en réalité une expérience extrêmement sophistiquée : Artemis Research for Crew Health & Readiness, ou plus simplement ARCHeR.

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La mission ARCHeR évaluera les évolutions physiologiques des astronautes en vol. // Source : Nasa

Comme pour AVATAR, l’idée reste de mesurer directement quels sont les effets d’un tel voyage sur le corps humain. ARCHeR va ainsi mesurer l’activité des différents passagers qui le porteront au poignet, mais aussi leurs constantes comme le rythme cardiaque, ou encore la qualité de leur sommeil.

Une formation de géologue et une EVA post-mission

Lors de leur survol de la Lune, les astronautes seront également mis à contribution puisqu’il s’agira pour eux de prendre quelques photos, mais pas n’importe comment ! La mission Artémis II est dotée d’une phase scientifique liée à la géologie de notre satellite, et tout se passera lorsque l’équipage arrivera du côté de la face cachée de la Lune.

Les astronautes devront prendre des images rares des cratères et des différentes traces à la surface de la Lune, ce qui sera crucial pour de futures missions, comme Artémis III qui prévoit un atterrissage. D’ailleurs, les quatre voyageurs ont reçu une formation de géologie en vue de cette opportunité.

Enfin, même après leur retour, les astronautes resteront mis à contribution pour une autre expérience scientifique liée aux sorties extra-véhiculaires. Il n’est pas question d’en pratiquer durant le voyage, mais une fois revenus sur Terre, ils y seront rapidement confrontés, dans une piscine utilisée pour entraîner les astronautes de l’ISS. Le but étant de savoir si leur corps se remet rapidement d’un tel voyage en microgravité, et dans l’inconfort d’une petite capsule.

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