Presque 50 ans après une dernière mission lunaire, la Russie se relance à la conquête du satellite de la Terre. L’atterrisseur Luna-25 doit décoller le 11 août 2023, dans un contexte particulier.

Se poser sur la Lune est toujours difficile en 2023, mais la Russie va relever le défi. 47 ans après sa dernière mission sur la Lune, la Russie retente de l’atteindre avec un nouvel atterrisseur. Son lancement dans l’espace est prévu le vendredi 11 août 2023. Selon un communiqué de Roscosmos, l’agence spatiale russe, cité par Reuters le 8 août, le vaisseau qui doit atteindre la Lune est baptisé Luna-25. Il est prévu de poser l’atterrisseur en douceur à la surface de la Lune, puis de s’en servir pour analyser des échantillons du sol lunaire.

Ce lancement d’une mission russe vers la Lune intervient dans le contexte de la guerre en Ukraine. Le départ de Luna-25 se fait donc sans aucune aide de l’Agence spatiale européenne (ESA), comme prévu initialement. En avril 2022, l’ESA avait annoncé suspendre son partenariat avec la Russie sur les missions Luna. L’Europe devait à l’origine fournir à la Russie un système de caméras utilisées pendant l’atterrissage de Luna-25.

Comment doit se passer la mission Luna-25 de la Russie ?

Luna-25, un atterrisseur de 800 kg, devrait se poser sur le pôle sud de la Lune, un terrain difficile, mais prometteur sur le plan scientifique. Avant cela, l’engin doit voyager à bord d’une fusée Soyouz, assemblée au cosmodrome Vostotchny dans le sud-est du pays. Le grand départ est prévu à « 02 h 10 min 57 s heure de Moscou », ce qui correspond à 1h10 dans la nuit du jeudi 10 au vendredi 11 août à Paris.

Le vol doit durer 4 à 5 jours, avant que Luna-25 se positionne sur l’orbite lunaire pendant 5 à 7 jours, avant d’atterrir. Si Luna-25 réussit à se poser sur la Lune et y mener sa mission, ce sera la fin d’une longue absence de la Russie sur l’astre, après la dernière mission Luna-24 en 1976.

L'atterrisseur Luna-25. // Source : Via Twitter @PDChina
L’atterrisseur Luna-25. // Source : Via Twitter @PDChina

L’enjeu est important pour la Russie. L’époque où l’ex-URSS se posait pour la première fois sur la Lune, avec Luna-9 en 1966, ou était la première puissance à ramener un échantillon lunaire sans intervention humaine, avec Luna-16 en 1970, est lointaine. Depuis la chute de l’URSS, de nombreux concurrents ont énormément progressé : les agences spatiales comme la Nasa, mais aussi des entreprises privées comme SpaceX.

Une course à la Lune entre la Russie et l’Inde ?

D’ailleurs, le calendrier choisi par Roscosmos n’est pas anodin pour une autre puissance spatiale en construction : l’Inde. L’agence spatiale indienne a lancé le 14 juillet sa mission Chandrayaan-3, un atterrisseur qui vise également le pôle sud lunaire. La mission indienne est actuellement en orbite autour de la Lune et devrait y atterrir fin août. Une « course » pourrait bien s’entamer pour savoir qui de l’Inde ou de la Russie sera le premier des deux à se poser sur place. La Russie pourrait être la première à se poser, le 21 ou 22 août.

Y a-t-il même un risque que les deux engins se gênent ? Selon Roscosmos, cela ne devrait pas arriver, car les zones d’atterrissage ne sont pas les mêmes. Seule la suite des événements permettra de s’en assurer.


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