Les fleurs de cerisier font partie des indicateurs du changement climatique. Encore en 2023, elles fleurissent bien trop tôt.

On fait difficilement plus beau et poétique que les fleurs de cerisier, qui, au Japon, viennent peu avant le printemps. Mais elles sont aussi devenues, de nos jours, un indicateur du dérèglement climatique : elles fleurissent de plus en plus tôt. En 2021, les fleurs de cerisier avaient atteint l’apogée de leur floraison le 26 mars. En 1 200 années de suivi, cela n’avait jamais eu lieu si tôt. En 2022, c’était le 30 mars. Celle-ci est pourtant censée avoir lieu en avril.

Cette année, en 2023, la floraison vient de démarrer au 14 mars, et l’apogée de celle-ci est prévue autour du 27 mars. Encore, en définitive, trop tôt.

Fleurs de cerisier // Source : Pexels
Fleurs de cerisier // Source : Pexels

Au Japon, cette floraison est chaque année un événement qui est célébré — notamment par la tradition du hanami, qui consiste à l’observation –, mais aussi par des piqueniques, des fêtes.

Une évolution significative des dates de floraison

Comme l’a expliqué le météorologiste Serge Zaka sur Twitter, les périodes de floraison des fleurs de cerisier sont référencées depuis l’an 812 — et disponibles sur le site du département japonais de l’environnement. C’est ce qui permet d’en suivre très précisément l’évolution.

Serge Zaka en a produit un graphique :

  • Ligne verticale : jour/mois de floraison
  • Ligne horizontale : année référencée
  • Les points : date exacte de floraison au fil des ans
  • Courbe rouge : évolution du moment de floraison
Graphique de l'évolution de la floraison des fleurs de cerisier, au Japon. // Source : Serge Zaka / Japanese Global Environment
Graphique de l’évolution de la floraison des fleurs de cerisier, au Japon. // Source : Serge Zaka / Japanese Global Environment

Cette représentation permet d’appréhender plus concrètement l’indicateur de la floraison des fleurs de cerisier : on peut observer un moment de transition assez significative à partir de la fin du XXᵉ et ce recul est de plus en plus prononcé à mesure que l’on passe dans les années 2000.

L’impact humain sur les fleurs de cerisier

Ce phénomène fait partie des nombreuses métamorphoses liées au changement climatique anthropique (c’est-à-dire provoqué par les activités humaines). Des études le montrent, comme celle publiée en mai 2022 qui constate bel et bien un « décalage anthropique significatif », de la période moyenne de floraison. Cette étude projette une augmentation de ce décalage.

« Les dates de floraison extrêmement précoces, comme en 2021, seraient rares sans l’influence de l’être humain », conclut cette publication, l’impact humain rend 15 fois plus probables ces décalages. « Ces événements devraient se produire toutes les quelques années d’ici à 2100, date à laquelle ils ne seront plus considérés comme extrêmes. »

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